Journalistes en Ukraine : mourir pour informer

·2 min de lecture
MARKIIAN LYSEIKO

De Fox News à Reuters, déjà une vingtaine de reporters pris pour cibles en Ukraine.

Après plus d’un mois d’occupation, les troupes russes se sont retirées des localités au nord de Kiev. Elles laissent derrière elles un paysage de désolation, des ruines, des blindés tordus par le feu et des centaines de cadavres au teint cireux. À Boutcha , les forces ukrainiennes ont découvert des corps de soldats russes abandonnés par leurs camarades, mais aussi des civils gisant par dizaines dans les rues, abattus comme des chiens d’une balle dans la tête, parfois les mains liées derrière le dos. Elles ont aussi découvert des cadavres de femmes brûlés dans un tas de pneus en bord de route. Des crimes de guerre dont Moscou nie la responsabilité, mais dont la documentation précise, par les journalistes sur place, servira peut-être, un jour, de preuve devant un tribunal.

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À l’heure des vérités alternatives, quand une partie du public ne croit plus rien d’autre que sa propre suspicion, il est devenu plus facile de massacrer des civils que de prouver la réalité de ces crimes. Rarement les témoignages des journalistes de terrain n’auront été plus essentiels. Les forces russes le savent et les prennent pour cibles. Depuis le début du conflit, plusieurs reporters ont été enlevés, torturés, malmenés, contraints de produire de faux témoignages. « Ils voulaient me briser, me piétiner, montrer ce qui arrivera à chaque journaliste : vous serez écrasés, vous serez tués », a raconté Oleg Baturin, du journal « Novy Den », détenu huit jours par les forces russes. Un Ukrainien de 32 ans, collaborateur de Radio France, a, lui, été torturé pendant neuf jours. Âgé de 75 ans, le père de la journaliste Svitlana Zaliztska a été enlevé par l’armée russe, le 23 mars, à(...)


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