La journaliste Hélène Devynck accuse à son tour Patrick Poivre d'Arvor de viol

Hugo Septier
·3 min de lecture
Le journaliste et présentateur Patrick Poivre d'Arvor (PPDA)  présentant son émission
Le journaliste et présentateur Patrick Poivre d'Arvor (PPDA) présentant son émission

Au lendemain de la publication d'un article du Monde dans lequel plusieurs femmes accusaient de nouveau de viol Patrick Poivre d'Arvor, ancien présentateur vedette du 20h de TF1, les témoignages se multiplient. Toujours dans les colonnes du quotidien du soir, Hélène Devynck, journaliste d'aujourd'hui 54 ans, prend la parole et explique avoir été harcelée par le présentateur, puis violée.

Dans sa tribune, cette dernière commence par évoquer son arrivée dans les années 1990 dans les locaux de la première chaîne où, très vite, la peur s'installe:

"J’ai demandé qu’on soit deux sur le poste. J’ai évité les tête-à-tête dans son bureau. Je le craignais. J’étais prudente. J’encaissais ses colères sans me plaindre. Il avait l’âge d’être mon père. Il ne me plaisait pas", écrit-elle.

Une situation qui semblait connue de beaucoup puisqu'à de nombreuses reprises, plusieurs collègues auraient demandé à celle qui était alors âgée de 24 ans: "Ça va? Il ne t’emmerde pas trop?"

"Je me suis tue"

Hélène Devynck poursuit son récit jusqu'au soir où elle explique avoir été violée. Elle se rappelle des "minutes poisseuses dont le récit est réservé aux enquêteurs", puis un silent, long et insupportable, de presque 30 ans.

"Je me suis tue. Pour longtemps. [...] Quel poids a la parole d’une jeune femme inconnue, minuscule face à la vedette capricieuse, gloire nationale, qui règne sur l’audimat sans contre-pouvoir? On aurait éliminé le messager plutôt que d’entendre son message gênant", explique-t-elle.

"Tout se retournait contre moi: la honte, la réputation pourrie, la promotion canapé. Je le savais. Le rapport de force était entièrement en ma défaveur. Parler m’aurait condamnée à d’infinies strates de violences supplémentaires. Parler aurait été professionnellement et socialement suicidaire. Je ne l’étais pas."

La journaliste quitte TFI pour LCI et assure avoir "caché son angoisse les rares fois où" elle a ensuite croisé Patrick Poivre d'Arvor.

"Ai-je été protégée?"

Dans la suite de son texte, la journaliste critique le système qui était mis en place dans la rédaction. "TF1 pouvait sourire de son roi cavaleur qui fait des 'petits bisous dans le cou', croire à un dragueur lourd et répétitif, prévenir les jeunes femmes du danger, dénoncer perfidement leur goût pour le pouvoir et les laisser aller au casse-pipe. Il était si charmant!", écrit-elle.

"La question est mal posée. Les termes sont à renverser: mon employeur pouvait-il ignorer l’ambiance malsaine qu’imposait sa vedette? Ai-je travaillé en sécurité? Ai-je été protégée?"

Trente ans plus tard, Hélène Devynck assure que "la plainte d’une jeune femme que je ne connais pas est venue réveiller le souvenir enfoui", ce qui l'a poussée à également parler aux enquêteurs. " Je sais les risques que je prends à parler à visage découvert ; qu’on invoque 'une quête inconvenante de notoriété'; qu’on laisse entendre que j’aurais quoi que ce soit à gagner à me faire passer pour une victime.

Plusieurs accusations

Ces nouvelles accusations s'ajoutent à celles de l'écrivaine Florence Porcel, qui a porté plainte pour "viol" à l'encontre de Patrick Poivre d'Arvor après des premières accusations portées dans son roman, Pandorini.

Quelques jours plus tard, l'ancien animateur vedette avait répondu en niant toute forme d'emprise ou de contrainte vis-à-vis de l'accusatrice. "Il n'y a jamais eu aucune forme d'emprise, ni a fortiori de contrainte", souligne PPDA. "Les écrits de Madame Florence Porcel que j'ai conservés, pour la plupart postérieurs à ses accusations, le prouveront amplement", ajoute-t-il.

Article original publié sur BFMTV.com