Le journal russe Novaïa Gazeta risque de cesser entièrement sa diffusion

L'entrée de la rédaction du journal Novaïa Gazeta à Moscou, le 15 mars 2021 - Dimitar DILKOFF © 2019 AFP
L'entrée de la rédaction du journal Novaïa Gazeta à Moscou, le 15 mars 2021 - Dimitar DILKOFF © 2019 AFP

Le gendarme des médias russes a demandé l'annulation des autorisations de diffusion du journal indépendant Novaïa Gazeta. Son site Internet, comme son édition papier, sont menacés par cette procédure.

La rédaction du journal a indiqué, jeudi, sur son compte Telegram, que l'agence publique russe Roskomnadzor avait déposé une requête devant un tribunal pour que soit annulée la licence de diffusion du site www.novayagazeta.ru. Cela interdira théoriquement d'y publier des contenus journalistiques.

Novaïa Gazeta est le principal média d'opposition en Russie. Son site propose en accès libre et gratuit les archives du journal, réputé pour ses enquêtes fouillées sur la corruption des élites russes et les graves violations des droits humains, notamment en Tchétchénie.

La publication déjà suspendue depuis fin mars

Roskomnadzor, citée par l'agence de presse TASS, a indiqué jeudi avoir aussi demandé la révocation de la licence de diffusion de l'édition imprimée de Novaïa Gazeta, au motif de n'avoir pas reçu à temps "les statuts de la rédaction".

La porte-parole du journal, Nadejda Proussenkova, également citée par TASS, a affirmé que cette deuxième requête était liée à une procédure bureaucratique remontant à 2006, quand le journal s'était réenregistré auprès des autorités.

Fin mars, Novaïa Gazeta avait décidé de suspendre sa publication, par crainte d'une interdiction. Les autorités lui reprochaient d'avoir enfreint la loi sur les organisations et individus désignés "agents de l'étranger".

En Russie, les médias sont contraints d'indiquer scrupuleusement ce statut dès qu'ils évoquent une entité "agent de l'étranger". Le 30 juin, les députés ont par ailleurs voté une loi facilitant la suspension des médias russes opposés au conflit en Ukraine.

"Nous ne faisons pas nos adieux"

Les deux plaintes de Rozkomnadzor doivent désormais être étudiées au tribunal, à des dates qui n'ont pas encore été annoncées. "Nous nous préparons aux audiences, à défendre notre bon droit, a indiqué jeudi la rédaction du journal. On est là et on restera. Nous ne faisons pas nos adieux."

Le week-end dernier, les autorités russes ont bloqué un autre site internet lancé par Novaïa Gazeta et dédié à une nouvelle revue papier, "Novaïa Rasskaz-Gazeta", publiée par sa rédaction en Russie.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles