Le journal de confinement de Vincent Bolloré

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Voilà maintenant cinq jours que je suis coincé au large des côtes maltaises. Plus moyen de reprendre mon jet privé à l'aéroport international de la petite île malgré toutes les missions qui m'attendent. Je pense à tous ces anonymes qui ont la chance de pouvoir mourir sans que nos vies s'en trouvent ébranlées. Ils ne peuvent pas savoir ce que c'est que de porter le poids de la mondialisation sur ses épaules.

J'essaye de rassurer mon fils spirituel Nicolas au téléphone. Je lui ai expliqué que c'était un peu comme dans Jacques et le haricot magique

Mes gardes du corps devant respecter avec moi une distance de sécurité de deux mètres, je suis à la merci de n'importe quelle attaque de pirates somaliens ou de goélands agressifs. Je fais des cauchemars horribles dans lesquels les Gilets Jaunes trouvent par terre des dizaines de pièces de 5 centimes d'euros. L'autre jour, j'ai même rêvé que François Ruffin venait faire du ski nautique avec moi avant de m'asséner un sermon sur l'huile de palme tout en me bénissant avec de l'urine de Jean-Luc Mélenchon. Pourtant je n'ai pas peur. J'ai conscience du rôle qui est le mien et il est hors de question de me dérober à ma destinée.

Si loin de toute civilisation, la pénurie de gel hydroalcoolique nous guette mais nous faisons face. Je suis suffisamment proche de la nature pour en apprécier la beauté. Il me semble parfois qu'elle s'adresse à moi à travers ce nuage en forme de billet de 500 euros ou de ce mouvement de va-et-vient des vagues qui me rappelle les cours de la bourse et dont le ressac est la promesse d'un possible retour en arrière après le krach.

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