Une journée de vote sous tension aux États-Unis… Mais sans trop de débordements

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Malgré quelques tentatives d'intimidation dans des bureaux de vote et des échauffourées entre des manifestants et des forces de l'ordre, la journée du 3 novembre au cours de laquelle les Américains devaient choisir entre Donald Trump et Joe Biden n'a pas donné lieu aux violences que beaucoup craignaient.

La tension avait commencé à monter depuis le début du mois de novembre, avec des blocages d'autoroute organisés et l'encerclement d'un bus de la campagne de Joe Biden par des miltiants pro-Trump. Par crainte de manifestations violentes, de nombreux commerçants à New York, Los Angeles ou Washington avaient barricadé leurs vitrines dès le 2 novembre au soir, comme le montre cette vidéo prise à Washington.



Contacté par notre rédaction, Kristen Clarke, présidente et directrice du Lawyers' Committee for Civil Rights Under Law, une association de défense des droits civiques, qui a mis en place une ligne téléphone de "protection de l'élection", explique que son organisation n'a pas enregistré de problèmes majeurs ou systémiques, ni de tentatives d'obstruer le vote. Elle ne fait état que d'incidents sporadiques. À 15h50 le 3 novembre, elle estimait que la ligne téléphonique avait reçu cependant 22 000 appels, plus des SMS et messages en ligne. Ces appels venaient notamment de Pennsylvanie (12 %), du Texas (10 %) ou de Floride (7 %).

Confusion autour d'un bureau de vote de Philadelphie


Une vidéo postée par l'avocat Will Chamberlain et largement relayée parmi les républicains, montre deux individus masqués empêcher un observateur électoral républicain, Gary Feldman, d'entrer dans un bureau de vote de Philadelphie. L'homme montre pourtant son certificat, valable sur l'ensemble de la ville, mais ses interlocuteurs lui assurent qu'il n'est pas valide pour leur bureau de vote.



Sur Twitter, le journaliste de The Guardian Sam Levine a dit avoir échangé avec le responsable du bureau de vote, qui a expliqué qu'il y avait eu un "malentendu" à un "moment stressant avec une forte affluence", et que l'observateur avait finalement été autorisé rentrer dans le bureau.

Quelques tentatives d'intimidation d'électeurs



À Charlotte (Caroline du Nord), la police a interpellé un homme armé, qui traînait aux abords d'un bureau de vote, et était revenu après qu'il lui ait été demandé de partir.

À Brooklyn (New York), un homme a lui aussi eu un comportement menaçant : devant sa Jeep décorée aux couleurs de la campagne de Trump, il a harangué et injurié des passants.





Manifestations tendues à Washington et Portland



Selon NBC Washington, trois personnes ont été poignardées près de la Maison Blanche, tôt le matin du 4 novembre. Ces vicitmes assuraient être membres des Proud Boys, un groupe d'extrême-droite, pro-Trump, et ont affirmé que leurs assaillants étaient des manifestatns du mouvement Black Lives Matter. Aucune arrestation n'a eu lieu, et les victimes sont actuellement soignées. Leurs jours ne sont pas en danger.

Au soir du vote, des centaines de manifestants se sont réunis, notamment à Washington, et à l'autre bout du pays, Portland (Oregon). Ces manifestations ont été globalement non-violentes, mais toujours assez tendues, ponctuées d'échauffourées avec la police.

À Washington, des manifestants se sont retrouvés en face de la Maison Blanche, défendant diverses causes, et ont marché dans les rues de la capitale. On voit sur cette vidéo un groupe d'antifas, vêtus de noir, avec une banderole : "Brûlez les plantations américaines" et une autre disant "merde" à Trump et Biden.



Plusieurs affrontements ont eu lieu entre manifestants et forces de l'ordre. Selon NBC Washington, trois personnes ont été arrêtées.




À Portland, des centaines de personnes ont elles manifesté contre les violences policières, Donald Trump et le maire de la ville, Ted Wheeler. Un drapeau américain a été brûlé, et certains manifestants portaient ouvertement des armes, comme par exemple... une épeé, ainsi que le montre cette vidéo du reporter Drew Hernandez


Le 2 novembre, des manifestants avaient aussi brisé les vitrines d‘un café Starbucks, et déversé du liquide inflammable à l'intérieur.