Journée nationale de commémoration du génocide arménien : une "arme importante face au négationnisme"

franceinfo
Vincent Duclert, qui a présidé la mission d'études en France sur la recherche et l'enseignement des génocides et crimes de masse, voit dans la "mobilisation sociale" une des armes "importantes" face au négationnisme, au moment où la France s'apprête à commémorer pour la première fois le génocide arménien.

C'était une promesse d'Emmanuel Macron : ce 24 avril 2019 est la toute première "journée nationale de commémoration du génocide arménien". Cette date correspond à la rafle et la déportation de plusieurs centaines d'intellectuels arméniens le 24 avril 1915 à Constantinople. Cette décision du président de la République est "une forme de pression assez nette" sur la Turquie, qui "mène une campagne négationniste extrêmement puissante", explique sur franceinfo l'historien Vincent Duclert, qui a présidé la mission d'études en France sur la recherche et l'enseignement des génocides et crimes de masse. La "mobilisation sociale" et les "moments de commémoration" comme celui-là sont, selon lui, "des armes importantes face au négationnisme".

franceinfo : La France a reconnu officiellement en 2001 le génocide
Arménien. L'instauration de cette journée de commémoration était une étape de plus nécessaire ?

Vincent Duclert : Il y une communauté arménienne importante en France, plus de 600 000 Français d'origine arménienne, qui commémore chaque année ce déclenchement du génocide des Arméniens et elle le fait dans une certaine solitude. Au fond, le génocide des Arméniens n'intéressait pas suffisamment l'ensemble de la communauté nationale. Cette décision du président de la République installe une volonté de se souvenir, de réfléchir et de commémorer ce qu'on considère comme le premier génocide du 20e siècle.

Cette journée de commémoration provoque la colère d'Ankara, qui continue à rejeter le terme de "génocide". La France peut-elle (...)

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