"Un Jour viendra" : l'enfant mie de Giulia Caminito

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"On l'appelait l'enfant mie de pain parce qu'il était le fils du boulanger et qu'il était faible, il n'avait pas de croûte, laissé à l'air libre il moisirait bon ni pour la soupe ou le pancotto, ni pour nourrir les poules." L'enfant mie s'appelle en réalité Nicola, "Nini". D'emblée, il ne plaît pas au père, Luigi Ceresa. "Ce fils inutile était sa croix." Aussi lisse qu'un ange, le sort de Nicola est scellé par ses parents qui décident très vite que cette bouche inutile sera curé. Nicola a un frère, Lupo, qui à la naissance était sale et vagissant. A dix ans, il regardait ce père peu aimant avec des yeux noirs en lui souhaitant tous les malheurs du monde. Lupo, "le nom de l'espoir et la défaite", casse tout dans la maison, Luigi le prend pour l'incarnation du démon. Les deux frères sont inséparables. Ils dorment dans le même lit.

Une Italie de labeur et d'exploitation

Nous sommes à Serra de' Conti sur les collines des Marches italiennes. Une Italie de la terre brute et ingrate, une Italie de labeur et d'exploitation. On mange du fromage, on boit du vin. D'un côté les riches, de l'autre les pauvres. Les propriétaires terriens et les métayers. Les premiers font la loi dans ces champs qu'ils ne foulent jamais, les seconds obéissent. Au-dessus, une église toute puissante. Incarnée par Don Agostino, un être doté du pouvoir de sa fonction. Il n'y a pas de place pour les sentiments hormis ceux de la colère ou de la haine nourris par de sombres secrets.

"

Tu n'avais qu'une seule chose ...


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