Le jour où le mur est tombé: 9 novembre 1989, la nuit de Berlin

de Brulon, Georges
Scène de liesse à Berlin-Ouest pendant la destruction du Mur, dans la nuit du 9 novembre 1989. Le Figaro Hors-Série consacre un numéro exceptionnel à ce moment décisif de l’histoire. / Figaro Hors-série

LE FIGARO HORS-SÉRIE - En fin d’après-midi, les autorités l’ont annoncé: les Allemands peuvent dès maintenant passer la frontière.

Il est à peine 21 heures. Des petits groupes se forment autour des points de passage entre Berlin-Est et Berlin-Ouest. Ils sont venus pour voir. S’informer. Les plus audacieux interpellent les gardes-frontières. «Vous avez entendu ce qu’a dit Schabowski?» Sous la pression de la rue, le gouvernement formé par le successeur d’Erich Honecker a démissionné et, en fin d’après-midi le porte-parole du SED a donné une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé que tous les citoyens de RDA pouvaient obtenir, auprès de la police, un simple tampon sur leur carnet bleu pour se rendre librement à l’Ouest. À un journaliste qui lui demandait à partir de quand la mesure était effective, Günter Schabowski a un peu hésité avant de répondre: «Dès maintenant.»

Ils ont vingt ans. Ils se poussent du coude et s’encouragent les uns les autres. «La frontière est ouverte! Laissez-nous passer!» Abasourdis, les Grepos ne les repoussent même pas. Ils ont informé leurs supérieurs et attendent les ordres tandis que des curieux, de plus en plus nombreux, se mêlent aux jeunes gens. Prévenus, les dirigeants du SED s’affolent. Günter Schabowski a fait une bourde. Que faire sinon l’assumer et autoriser la foule à traverser la frontière? Les visas attendront le lendemain. Ne risque-t-on pas un passage en force? Pire une émeute, la révolution?

À minuit, ayant reçu le feu vert, les gardes-frontières entrouvrent les grilles. Ils vérifient les papiers d’identité,mais bientôt débordés par le nombre, les Grepos ne font plus que jeter un regard distrait aux documents qu’on leur présente.

Ceux qui baguenaudaient du côté des postes frontières, voyant la presse, retournent en hâte chercher leur carnet bleu à la maison et reviennent aussitôt grossir les rangs des Ostbürger. De l’autre côté du Mur, l’incroyable nouvelle s’est déjà répandue et les Berlinois se rassemblent (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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