Le jour où Lipp a dû fermer à cause du coronavirus

Par François-Guillaume Lorrain
La brasserie Lipp a été inaugurée en 1880

VIDÉO. C'est une institution parisienne, ouverte depuis 1880. Son directeur, Claude Guittard, nous raconte les dernières heures de la brasserie avant la fermeture.


C'était il y a une semaine. C'était il y a un siècle. Lipp a fermé pour cause de coronavirus. Depuis 1880, c'est une première ou presque pour la brasserie, sise au 151 boulevard Saint-Germain (6e arrondissement) qui reste normalement ouverte toute l'année. Seuls un incendie et la guerre avaient eu raison, brièvement, de l'institution fondée par un Alsacien qui avait fui les Allemands après la défaite de 1870. Claude Guittard, l'actuel directeur, l'a appris samedi 14 mars, peu avant le dîner, par un e-mail d'Olivier Bertrand, propriétaire par ailleurs de la Coupole, de Bofinger, du Grand Café, des Hippopotamus, des Burger King, soit près de 30 000 employés qui ont subi le même sort : « Son message a été très rassurant. Il ne fallait pas qu'on s'inquiète, on allait faire le dos rond, il n'y aurait pas de licenciement. »

Il régnait une ambiance étrange.

Les clients n'y croyaient pas

Peu avant le dernier repas, Claude Guittard, qui dirige la brasserie depuis près de trente ans, a transmis la nouvelle à ses 74 employés. « Ceux qui n'étaient pas là, je les ai appelés un à un. Ceux qui étaient présents, je leur ai expliqué qu'après ce dernier repas, il faudrait rentrer chez eux et ne plus revenir. Il régnait une ambiance étrange. Dans la salle qui accueille d'ordinaire 300 clients, ils n'étaient qu'une petite cinquantaine. La crise avait commencé depuis plusieurs jours. »

Avec chaque client, Claude Guittard a dû faire un peu de pédagogie. Ils n'y croyaient pas. Lipp, fermer ? Vous n'y pensez pas. Certains étaient perdus : « Ils avaient le sentiment de vivre un moment très particulier, comme des aventuriers. » Vers 23 h 30, un dernier client est arrivé. Pas un habitué. Il s'est assis. Tout seul dans la grande salle désormais déserte, (...)

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