Le son du jour #273 : narcotique comme Brian Case

Libération.fr
Brian Case.

Le chanteur et musicien de Chicago, ex-leader des Disappears, revient avec un troisième album solo tout aussi envoûtant et occulte que ses prédécesseurs. La rêverie sombre «Plays Paradise Artificial» est à découvrir ici en exclusivité.

La voix d’un homme – probablement plus d’une âme brumeuse – s’étire comme un râle fantômal contre les murs d’une grotte, celle du chanteur et musicien Brian Case, l’ex d’à peu près tout, en commençant par le fameux groupe de rock Disappears, ainsi que 90 Day Men et The Ponys. Ici (et en exclusivité pour Libération), le troisième album solo de Case, Plays Paradise Artificial, qui nous emmène loin (vraiment très loin) dans ses abysses de nappes sonores apocalyptico-entêtantes, laissant s’affirmer au coude à coude la voix réverb' du maestro et les synthés aux fractionnements répétés.


Comme entrée en matière, le morceau Plays Artificial nous happe dans sa voûte céleste ambient, sans toit ni fin. L’appréhension est intrigante, salutaire. On ne peut s’accrocher véritablement à une forme de stabilité, de repères. Les oscillations sensorielles de Titanics non loin invitent à un genre de plongée vers l’état second – où le corps demeure immobile, l’esprit, lui, exalté par les «become what you seek» (deviens ce que tu cherches) de Case.

Certaines matières sonores nous rappellent les heures les plus obscurément délicieuses d’un Dean Hurley (superviseur musical et sound designer de la série Twin Peaks), aussi celles de Paradise nous entraînent en ce sens-là dans un demi-sommeil fait de mirages incertains, d’ombres au plafond, tandis qu’Undone et Too Old To Die Young Now reprennent sur de cycliques mesures suaves et/ou nébuleuses. Disponible à partir du 22 juin sur le label Hands In The Dark, ce troisième album est en tout point exquisitement hypnotique.

Plays Paradise Artificial de Brian Case, LP (+MP3 codes), disponible sur handsinthedarkrecords.com 



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