Jouer la sobriété sur l’avion pendant 20-30 ans est « raisonnable » selon le patron d’ADP

Le PDG d’Aéroports de Paris Augustin de Romanet invite les voyageurs à moins prendre l’avion, le temps que le secteur fasse sa mue vers un fonctionnement moins polluant (photo d’archive prise à Tremblay-en-France, près de l’aéroport de Roissy, en décembre).
SARAH MEYSSONNIER / REUTERS Le PDG d’Aéroports de Paris Augustin de Romanet invite les voyageurs à moins prendre l’avion, le temps que le secteur fasse sa mue vers un fonctionnement moins polluant (photo d’archive prise à Tremblay-en-France, près de l’aéroport de Roissy, en décembre).

SARAH MEYSSONNIER / REUTERS

Le PDG d’Aéroports de Paris Augustin de Romanet invite les voyageurs à moins prendre l’avion, le temps que le secteur fasse sa mue vers un fonctionnement moins polluant (photo d’archive prise à Tremblay-en-France, près de l’aéroport de Roissy, en décembre).

TRANSPORTS - C’est une déclaration qui va en surprendre plus d’un, surtout venant de lui. Le temps que le secteur aérien fasse sa mue vers un fonctionnement moins polluant, le PDG d’Aéroports de Paris invite les voyageurs à faire preuve de « modération » et à moins prendre l’avion.

« Il faudra inviter les gens à être plus raisonnables dans le voyage aérien » tant que le transport aérien n’aura pas été au bout de son processus de décarbonation, a déclaré ce lundi 19 septembre Augustin de Romanet au micro de BFM Business. « Je pense qu’il faut être aussi raisonnable que possible dans ses comportements pour la période de transition qui va durer 20 ou 30 ans », a-t-il ajouté.

D’après lui, « avant que nous ayons -ce qui sera le cas dans 30 ans- des avions propulsés soit à l’électricité, soit à l’hydrogène, soit avec des carburants durables faits à partir d’électricité verte », il faudra faire preuve de modération pour ce qui est du recours à l’avion. Et d’expliquer que « si demain matin le trafic aérien devait décroître, ce n’est pas une tragédie existentielle pour nous », précisant au passage que la fourniture « d’un accueil de qualité » était la priorité d’un groupe comme ADP.

Un avenir radieux pour l’aérien ?

D’autant que d’après Augustin de Romanet, l’aviation deviendra à terme la meilleure solution en matière de transport respectueux de l’environnement. « Sur le long terme, c’est le transport aérien qui sera le système le moins émetteur de CO2 », a-t-il ainsi affirmé, toujours sur BFM Business.

Et il avance pour ce faire une idée, à savoir que « l’infrastructure de l’avion, c’est l’air » et si « vous analysez la quantité de CO2 émise pour faire des voies de chemin de fer, du ballast, etc., vous savez que sur le long terme, le transport aérien est extrêmement vertueux », a-t-il insisté dans une comparaison avec le secteur ferroviaire.

Augustin de Romanet dit néanmoins anticiper « une continuation de l’extraordinaire demande de voyage dans les pays émergents », qui va encore être « très forte ». Mais pour le monde occidental et donc « pour les pays qui ont déjà profité de la croissance très forte du trafic aérien, les pays ’privilégiés’ comme le nôtre, il n’est pas déraisonnable d’accepter une certaine modération ».

Face à la demande croissante de limitation du trafic aérien pour lutter contre le réchauffement climatique, le patron d’ADP assure qu’il ne se mettra « jamais en travers de ceux qui veulent avoir des comportements plus responsables ». Cela avant de souligner la prise de conscience qui a frappé l’industrie depuis 2019 avec désormais « des compagnies aériennes qui réclament à cor et à cri aux énergéticiens de la production de carburant aérodurable, ainsi que des méthodes pour faire de l’écopilotage ». Une demande d’autant plus martelée qu’elle semble indispensable à pérennité du secteur face à la crise énergétique et à des législations qui vont se durcir.

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