"Ceux qui jouent avec l'État de droit sont des irresponsables": Dupond-Moretti charge Peltier

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Le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti le 1er juin 2021 à l'Assemblée nationale. - Thomas Samson
Le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti le 1er juin 2021 à l'Assemblée nationale. - Thomas Samson

Interrogé ce mardi après-midi à l'Assemblée nationale, Éric Dupond-Moretti a réagi aux propos remarqués du vice-président des Républicains Guillaume Peltier dimanche. Le n°2 du parti s'est dit favorable à la mise en place d'"une justice d'exception" sans appel pour lutter contre le terrorisme, tout en affichant "les mêmes convictions" que le maire de Béziers Robert Ménard.

"L'État de droit, c'est notre bien le plus précieux. L'État de droit distingue la démocratie de la tyrannie. Ceux qui jouent avec l'État de droit sont des pompiers incendies, et je le dis, des irresponsables", a réagi le garde des Sceaux mardi dans l'Hémicycle.

"Toutes les digues ont été rompues"

Pour le ministre de la Justice, "toutes les digues ont été rompues" après cette nouvelle proposition, qui vient s'ajouter à celles avancées depuis plusieurs semaines par des élus classés à droite dans l'échiquier politique.

"Les principes que notre société civilisée a mis des millénaires à élaborer n'existent plus, la présomption d'innocence, le droit de faire examiner son affaire en appel, l'indépendance de la justice...", a déploré Éric-Dupond Moretti face à l'Hémicycle.

La "cerise sur ce gâteau judiciaire"

Dans l'émission Grand Jury de RTL-Le Figaro-LCI, Guillaume Peltier avait proposé dimanche dernier de créer une "justice d'exception" sans appel possible pour lutter contre le terrorisme. Une prise de position qui lui a valu un rappel à l'ordre de son supérieur Christian Jacob mais également des autres ténors du parti de droite puisqu'il s'agirait ni plus ni moins que d'un retour de la Cour de sûreté établi par le général de Gaulle après les attentats de l'OAS.

"L'idée est de crée une justice exceptionnelle, sans appel possible [...] si le Conseil constitutionnel s'y oppose, nous pourrons proposer ça par référendum au peuple français", a avancé le député LR, n'excluant pas de s'affranchir si besoin de la Cour européenne des droits de l'Homme.

La "cerise sur ce gâteau judiciaire" pour Éric Dupont-Moretti, désabusé devant les propropositions de l'opposition sur son projet de loi relatif à la prévention d'actes de terrorisme et au renseignement, débattu depuis ce mardi au Palais Bourbon. "L'État de droit c'est comme le bonheur. On sait ce qu'il représente quand il s'enfuie. Au secours messieurs!", a conclu le garde des Sceaux.

Article original publié sur BFMTV.com