"Ils ont joué, ils se sont brûlé les doigts": un maire porte plainte après un bivouac au sommet du Mont Blanc

Le Mont-Blanc - Image d'illustration  - AFP
Le Mont-Blanc - Image d'illustration - AFP

Des "hurluberlus." Dans une vidéo publiée jeudi par le média local La Place du Village, le maire de Saint-Gervais-les-Bains en Haute-Savoie, Jean-Marc Peillex, a annoncé porter plainte contre deux alpinistes qui ont gravi le Mont-Blanc pour dormir à son sommet.

Le périple avait été immortalisé par la chaîne YouTube Instinct Sauvage, dans une vidéo de 45 minutes mise en ligne fin novembre et nommée "Dormir au sommet du Mont Blanc: 9 jours d'expédition."

"Ils ont joué"

Cette plainte est motivée par l'arrêté préfectoral du 1er octobre 2020, souhaité par l'élu lui-même, qui interdit toute forme de camping, dont le bivouac, sur l'ensemble de la zone de protection d'habitats naturels du Mont-Blanc (APHN).

"Ces alpinistes ont fait le buzz, poussé le vice jusqu’à passer une nuit dans un abri de détresse pour retenter leur ascension, car leur objectif était de bafouer la loi et mettre leur tente au sommet", explique-t-il ce lundi sur l'antenne de BFMTV.

Comme le précise France 3 Régions, le non-respect de cet arrêté est passible d'un an d'emprisonnement et de 150.000 euros d'amende. La plainte est en outre déposée en compagnie d'associations environnementales.

"Il y a des textes, celui du site classé du Mont blanc, celui de l’arrêté des protections des habitats naturels, qui interdit le camping et n’autorise le bivouac qu’à côté du refuge de Tête rousse ou dans un cas extrême. Ils ont joué, ils se sont brûlé les doigts, il faut aujourd’hui que la justice se prononce", ajoute l'élu.

Une caution de 15.000 euros pour tous les alpinistes

Depuis des années, Jean-Marc Peillex a fait de la lutte contre le tourisme de masse sur le massif du Mont-Blanc l'un de ses objectifs prioritaires. En 2018, il avait lui-même demandé l'interpellation d'alpinistes lettons au Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM). Ces touristes souhaitaient atteindre le sommet du plus au sommet d'Europe équipés d'un mat de plusieurs mètres.

L'été passé, en période caniculaire, il avait également réclamé une caution de 15.000 euros à tous les alpinistes qui empruntaient la vois normale pour atteindre le sommet du Mont-Blanc.

Seulement, la plainte du maire ne passe pas auprès de tout le monde. Sur les réseaux sociaux, un ancien alpiniste revendique le bivouac comme "un acte fondamental de l’alpinisme" et prend la défense de "quelques rêveurs inoffensifs" qui ont comme tort de penser "que l’alpinisme est encore un espace d’aventure."

Il est rejoint par un guide de haute montagne, Yann Borgnet, qui de son côté dénonce "la manière dont est appliqué cet arrêté par le maire de Saint-Gervais" qui lui parait "partielle, partiale et menaçante pour l’histoire et la culture de nos pratiques alpines."

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Pour Antoine Beis, collaborateur du maire de Chamonix, la réplique de Jean-Marc Peillex est "une dangereuse dérive démocratique."

"On est dans un état de droit et les textes s’appliquent à tout le monde n’en déplaise à quelques guides ou alpinistes qui voudraient avoir des exceptions. Le rôle du maire est de veiller à l’application du droit pour tout le monde pas que pour certains", répond, et conclut, Jean-Marc Peillex auprès de BFMTV.

Article original publié sur BFMTV.com