Joseph Kessel, auteur de "Le Lion", entre dans la Pléiade

AFP
FRANCE - SEPTEMBER 30: The French writer Joseph KESSEL at his desk in his home on September 30, 1968. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

LIVRES - Ce n’est pas un écrivain mais une légende qui entre ce jeudi 4 juin dans la Pléiade. Joseph “Jef” Kessel, le journaliste-romancier, témoin engagé de la marche du monde, baroudeur et membre de l’Académie française, rejoint, à quelques mois d’intervalle, son ami Romain Gary au Panthéon de la littérature.

Des quelque 80 romans et récits écrits par Joseph Kessel, la prestigieuse collection de Gallimard en a retenu une petite vingtaine, présentée dans deux volumes, où “se décline l’essence même du roman chez Kessel: l’aventure”, souligne Serge Linkès qui a dirigé cette édition.

Parallèlement à la sortie de ces deux volumes, un album richement illustré consacré à l’auteur du “Lion” sera offert aux acheteurs de trois volumes de la Pléiade.

Le tome 1 (1.968 pages, 68 euros) s’ouvre avec un des premiers textes de Kessel, “L’équipage” (1923), premier succès commercial de l’écrivain. Le tome 2 (1.808 pages, 67 euros) se clôt sur le roman qui l’a définitivement consacré, “Les cavaliers” (1967).

“Après ce dernier chef-d’œuvre, si plus personne n’osa mettre en doute son statut d’écrivain, lui-même eut le plus grand mal à écrire, se demandant comment il pourrait faire mieux”, note Serge Linkès, maître de conférence à l’université de La Rochelle et spécialiste de l’œuvre de Kessel.

Un des grands mérites de cette édition est de juxtaposer des ouvrages relevant, à des degrés divers, de la fiction, du récit, du reportage ou de ce que Kessel aimait à nommer “documentaire”.

En lisant les textes de Kessel, mort il y a bientôt 41 ans, on demeure frappé par leur étonnante modernité. Ses livres lus, les personnages qui les hantent demeurent vivants dans notre mémoire.

De “Belle de jour” à “L’Armée des ombres”, de “Marchés d’esclaves” à “La passante du Sans-Souci” en passant par “Mary de Cork”, Kessel a dessiné la fresque d’un siècle formidable et violent.

“Choses, décors et gens: il nous les a rendus en peintre plutôt qu’en photographe, vivant ses enquêtes comme des romans et donnant à...

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