Jorrdee Le flou du flow

Libération.fr

Dans son premier album sur une major, le jeune Français élargit les horizons de son r’n’b embrumé.

Puisque le rap français ne s’est jamais aussi bien porté et qu’il est devenu le symbole d’un nouveau modèle économique basé sur le streaming, l’étrange musique de Jorrdee pourrait, elle aussi, décrocher les étoiles. Jusqu’à présent, le buzz médiatique de ce Lyonnais exilé à Paris a gonflé un peu plus vite que ses compteurs d’écoutes sur SoundCloud ou YouTube, mais ce premier album sur une major - après une réédition de sa mixtape élégamment nommée BJOVR$^LOP€! - pourrait lui permettre de réaliser le casse du siècle. Jordan Bourgeois, né il y a vingt-quatre ans de parents antillais et comoriens, a développé depuis Musique de chambre, son premier EP en 2013, un son bien particulier. Ses productions sont noires, lentes et enfumées, portées par son flow étrange qui ne choisit jamais totalement entre rap et chant, haut perché, nasillard et autotuné. S’il ne s’en réclame pas, la musique de Jorrdee fait irrémédiablement penser aux débuts de The Weeknd, avec son r’n’b des bas-fonds, sexuel, crépusculaire et drogué.

Sur ce nouvel album, le jeune homme a eu la bonne idée de confier la production à une autre jeune pousse, le producteur électronique lyonnais Phazz. Un nom croisé sur le dynamique label parigo-marseillais Nowadays Records qui a habillé le disque avec autant de puissance que de retenue. Ensemble, ils ont su varier les plaisirs, alors que par le passé la musique de Jorrdee manquait parfois de changements de rythme. En ouverture sur le formidable Mamen, des guitares claires et beaucoup de silences évoquent le Rolling Stone de The Weeknd. Par la suite les rythmiques dancehall s’invitent sur les très chaloupés Arrête et Faussaire. D’autres morceaux comme Roulez jeunesse jouent plutôt la carte trap. Et, sur le très beau California, Jorrdee pousse sa voix jusqu’au cri fragile. En prouvant qu’il peut bomber le torse autant qu’exposer ses émotions nues, Jorrdee est parti pour (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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