La Jordanie s'inquiète de «l'accord du siècle» promis par les Etats-Unis

La Jordanie attend avec inquiétude « l’accord du siècle » que l’administration américaine a promis de dévoiler après le mois saint du ramadan qui prend fin, cette année, début juin. Cet accord doit permettre de régler le conflit israélo-palestinien, mais l’autorité palestinienne refuse la médiation américaine et le pouvoir jordanien s’inquiète lui aussi de ce plan de paix.De notre correspondant à Amman,Le pouvoir s’inquiète particulièrement du sort réservé aux réfugiés palestiniens dans ce plan de paix en préparation. Ils sont plus de deux millions sur le territoire jordanien et Amman défend leur droit au retour, c’est-à-dire la possibilité pour les Palestiniens de revenir, un jour, sur la terre de leurs ancêtres en Palestine, de l’autre côté du Jourdain. Le roi Abdallah refuse donc que son pays devienne une patrie de remplacement pour les Palestiniens. Il l’a dit de manière très claire, à deux reprises, en mars et en avril derniers : « non à la relocalisation », a-t-il martelé. C’est une phrase qui s’adressait directement aux autorités américaines, au moment où elles préparent cet « accord du siècle ». Washington a cessé de financer l’agence onusienne qui vient en aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) et Amman craint que les Etats-Unis prennent de nouvelles décisions qui leur seraient défavorables.La situation des réfugiés palestiniensParallèlement, le pouvoir jordanien essaie de porter l’attention internationale sur ces réfugiés palestiniens pour qu’ils ne soient pas oubliés d’un éventuel plan de paix. Ces dernières années, la communauté internationale s’est mobilisée pour les réfugiés syriens. Le sort des Palestiniens est donc un peu passé au second plan. La Jordanie veut rappeler leur existence. Elle a octroyé de nouveaux droits aux réfugiés palestiniens originaires de la bande de Gaza. Ils sont au moins 156 000 en Jordanie, ils sont apatrides et désormais, Amman les autorise à acheter des véhicules, diesel uniquement, à acquérir des biens immobiliers et à travailler légalement dans certains secteurs de l’économie sans avoir à payer pour un permis de travail. Ces nouveaux droits permettent à la Jordanie, d’une part, de relancer un peu son économie qui va mal et, d’autre part, de montrer que les réfugiés palestiniens ont encore besoin de beaucoup de soutien.De nouveaux droitsCes réfugiés originaires de Gaza sont satisfaits de l’octroi de ces nouveaux droits. Un jeune réfugié originaire de Gaza dont la famille a acheté une voiture peut par exemple travailler comme chauffeur grâce aux nouvelles applications sur téléphone portable. Un autre Palestinien dont la famille vient de Gaza et qui désormais travaille légalement à Amman a régularisé sa situation. Il se sent davantage protégé et il a réussi à négocier une importante augmentation de salaire. D’autres sont plus circonspects, voire hostiles. Ils expliquent qu’ils sont toujours considérés comme des étrangers en Jordanie et qu’à ce titre, ils doivent payer plus cher que les Jordaniens pour renouveler leurs papiers, pour passer le permis de conduire ou pour étudier dans les universités. Pour eux, les nouveaux droits octroyés sont limités et servent surtout au pouvoir jordanien à appeler la communauté internationale à l’aide et à s’opposer diplomatiquement et sans heurts à la politique américaine au Moyen-Orient.

La Jordanie attend avec inquiétude « l’accord du siècle » que l’administration américaine a promis de dévoiler après le mois saint du ramadan qui prend fin, cette année, début juin. Cet accord doit permettre de régler le conflit israélo-palestinien, mais l’autorité palestinienne refuse la médiation américaine et le pouvoir jordanien s’inquiète lui aussi de ce plan de paix.

De notre correspondant à Amman,

Le pouvoir s’inquiète particulièrement du sort réservé aux réfugiés palestiniens dans ce plan de paix en préparation. Ils sont plus de deux millions sur le territoire jordanien et Amman défend leur droit au retour, c’est-à-dire la possibilité pour les Palestiniens de revenir, un jour, sur la terre de leurs ancêtres en Palestine, de l’autre côté du Jourdain. Le roi Abdallah refuse donc que son pays devienne une patrie de remplacement pour les Palestiniens. Il l’a dit de manière très claire, à deux reprises, en mars et en avril derniers : « non à la relocalisation », a-t-il martelé. C’est une phrase qui s’adressait directement aux autorités américaines, au moment où elles préparent cet « accord du siècle ». Washington a cessé de financer l’agence onusienne qui vient en aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) et Amman craint que les Etats-Unis prennent de nouvelles décisions qui leur seraient défavorables.

La situation des réfugiés palestiniens

Parallèlement, le pouvoir jordanien essaie de porter l’attention internationale sur ces réfugiés palestiniens pour qu’ils ne soient pas oubliés d’un éventuel plan de paix. Ces dernières années, la communauté internationale s’est mobilisée pour les réfugiés syriens. Le sort des Palestiniens est donc un peu passé au second plan. La Jordanie veut rappeler leur existence. Elle a octroyé de nouveaux droits aux réfugiés palestiniens originaires de la bande de Gaza. Ils sont au moins 156 000 en Jordanie, ils sont apatrides et désormais, Amman les autorise à acheter des véhicules, diesel uniquement, à acquérir des biens immobiliers et à travailler légalement dans certains secteurs de l’économie sans avoir à payer pour un permis de travail. Ces nouveaux droits permettent à la Jordanie, d’une part, de relancer un peu son économie qui va mal et, d’autre part, de montrer que les réfugiés palestiniens ont encore besoin de beaucoup de soutien.

De nouveaux droits

Ces réfugiés originaires de Gaza sont satisfaits de l’octroi de ces nouveaux droits. Un jeune réfugié originaire de Gaza dont la famille a acheté une voiture peut par exemple travailler comme chauffeur grâce aux nouvelles applications sur téléphone portable. Un autre Palestinien dont la famille vient de Gaza et qui désormais travaille légalement à Amman a régularisé sa situation. Il se sent davantage protégé et il a réussi à négocier une importante augmentation de salaire. D’autres sont plus circonspects, voire hostiles. Ils expliquent qu’ils sont toujours considérés comme des étrangers en Jordanie et qu’à ce titre, ils doivent payer plus cher que les Jordaniens pour renouveler leurs papiers, pour passer le permis de conduire ou pour étudier dans les universités. Pour eux, les nouveaux droits octroyés sont limités et servent surtout au pouvoir jordanien à appeler la communauté internationale à l’aide et à s’opposer diplomatiquement et sans heurts à la politique américaine au Moyen-Orient.