Jordanie: selon le palais royal, le prince Hamza a promis de «rester fidèle» au roi Abdallah II

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Dans une lettre publiée ce lundi 5 avril dans un communiqué du palais royal, le prince Hamza de Jordanie a promis de « rester fidèle » au roi Abdallah II, son demi-frère, après avoir été accusé au cours du week-end d'être impliqué dans un complot « maléfique » contre son pays.

Le roi Abdallah II de Jordanie a pris l'initiative d'engager une médiation avec son demi-frère le prince Hamza, pour tenter de régler la fracture au sein d'une famille qui, le 11 avril, célébrera un siècle de règne sur la Jordanie.

« Sa Majesté le roi Abdallah II a décidé de traiter la question du prince Hamza dans le cadre de la famille hachémite », avait tweeté le palais, précisant que le roi avait confié une mission de médiation à son oncle « le prince Hassan qui, à son tour, a communiqué avec le prince Hamza et ce dernier a dit qu'il adhérait à l'approche de la famille ». Âgé de 74 ans, le prince Hassan ben Talal a été prince héritier de Jordanie de 1965 à 1999.

Peu après, le prince Hamza signait une lettre devant des membres de la famille royale et publiée, lundi soir, dans un communiqué du palais royal. « Je resterai fidèle à l'héritage de mes ancêtres, à Sa Majesté le roi ainsi qu'à son prince héritier, et je me mettrai à leur disposition pour les aider et les soutenir », a écrit le prince.

Un retournement par rapport à la position tenue depuis samedi soir et l'assignation à résidence qu'il clamait subir, dans une vidéo envoyée à la BBC. Le prince Hamza, 41 ans, avait affiché jusqu'alors sa défiance en refusant d'obéir aux injonctions de cesser ses « activités » et de restreindre ses mouvements. Il a nié dès samedi les allégations à son encontre et a accusé en retour le pouvoir de « corruption » et d'« incompétence ».

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Le vice-Premier ministre Aymane Safadi a affirmé dimanche que la « sédition » avait été « tuée dans l'œuf », après avoir accusé le prince Hamza d'avoir collaboré avec une « puissance étrangère », non identifiée, pour tenter de déstabiliser le royaume.

Une répression discrète des voix critiques

Pour Ahmad Awad, qui dirige à Amman l'institut Phenix Center for Economics and Informatics Studies, « ce qui est arrivé est une première par son intensité dans l'histoire de la Jordanie ». « C'est le début d'une crise et pas la fin. Cela montre qu'il faut des réformes tant politiques, qu'économiques et démocratiques », a-t-il dit à l'AFP.

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Depuis son arrivée au pouvoir il y a une trentaine d'années, le roi Abdallah II semble mener une politique de réformes permanentes. C'est d'ailleurs par des réformes qu'il a répondu aux soulèvements des printemps arabes en 2011. Mais en 2011 comme en 2018 lors de nouveaux soulèvements, la Cour royale a également utilisé une autre carte, celle de pousser le gouvernement à la démission. Une manière de concentrer les critiques sur une autre entité politique.

Aujourd'hui, le roi possède pourtant une position centrale. Il a le pouvoir exécutif et nomme les plus hauts responsables de l'État sans l'aval du Premier ministre.

Plusieurs chercheurs dénoncent également la répression discrète menée par les autorités contre les opposants politiques ou même face à toute voix critique.

À l'été 2020, ces pratiques sont apparues au grand jour avec l'interdiction du parti des Frères musulmans, première force d'opposition dans le pays, puis la fermeture du syndicat des enseignants et l'arrestation d'un millier de ses membres, suite à des mouvements de protestation. Ce pays qui se présente comme le bon élève en matière de réformes économiques et politiques voit son image commencer à s'effriter.