En Jordanie, une aide insuffisante

Libération.fr
Photo officielle du roi Abdallah II de Jordanie (à droite) et du ministre qatari des Affaires étrangères, mercredi à Amman. Le Qatar, avec l'Arabie Saoudite et le Koweït, a offert son aide au royaume en proie à de graves difficultés économiques.

Les 2,5 milliards de dollars promis par plusieurs Etats du Golfe risquent de ne pas suffire à calmer la colère sociale qui s’exprime depuis le début du mois, dans un pays au bord de l’asphyxie budgétaire et en proie au chômage et à la pauvreté.

L’annonce le 11 juin d’une aide de 2,5 milliards de dollars de la part du Koweït, de l’Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis pour traverser la crise à laquelle la Jordanie fait face n’a pas rassuré la population jordanienne. «Je pense que cela ne va rien résoudre. Nous devrions rechercher des moyens viables afin de récolter des financements au sein même du pays, en utilisant la main-d’œuvre nationale et pas en implorant nos voisins qui veulent nous aider juste pour étendre leur influence sur la Jordanie», affirme Nayef, étudiant joint sur Twitter. Comme lui, de nombreux jeunes ont pris part, une semaine durant, à la contestation sociale qui a ébranlé le pays début juin.

Les raisons de la colère

Depuis 2012, le pays fait face à des problèmes économiques qui s’accumulent : un déficit budgétaire qui dépasse les 2,6 milliards d’euros couplé à une dette publique de presque 80% du produit intérieur brut. Le chômage touche 18,5% de la population et 20% d’entre elle vit à la limite du seuil de pauvreté. L’économie jordanienne, qui repose sur le tourisme, a été fragilisée par la guerre en Syrie.

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le royaume a accueilli 650 000 réfugiés syriens, mais les autorités jordaniennes estiment que 1,3 million de réfugiés sont répartis à travers le pays, essentiellement dans des camps proches de la capitale. Selon le HCR, le camp de Zaatari accueille 800 000 d’entre eux, ce qui en fait le plus grand camp au Moyen-Orient. L’accueil des réfugiés, massés au nord dans le désert jordanien, pèse sur le budget de l’Etat et sur ses infrastructures.

Il accroît également la demande en eau dans un des pays les plus arides au monde, désertique à 92%. Tous les Jordaniens n’ont pas accès à (...)

Lire la suite sur Liberation.fr

L’UE veut muscler sa défense et s’affranchir des Etats-Unis
«Il y a un potentiel exceptionnel d’unification du peuple arménien»
Géorgie: le Premier ministre démissionne après des manifestations
Après les critiques, l’Italie de Salvini bombe le torse
En Arménie, Nikol Pachinian dévoile sa recette de la révolution et des réformes