Jordan Bardella confirme qu'il veut interdire aux binationaux d'occuper les postes "stratégiques" de l'État

C'est une mesure choc du programme du Rassemblement national. Son président Jordan Bardella, qui aspire au poste de Premier ministre après les législatives, a confirmé ce lundi 24 juin sa volonté d'écarter les Français binationaux des postes "stratégiques" de l'État, notamment dans le secteur de la Défense.

"Oui, je vous confirme que les postes les plus stratégiques de l’État seront réservés aux citoyens français et aux nationaux français", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, sans préciser davantage les concours de cette proposition. Une annonce qui survient juste après une prise de parole similaire du député et porte-parole RN Sébastien Chenu ce lundi matin sur TF1.

"Se protéger de tentatives d’ingérence"

"Pour une raison très simple, c’est qu’il y a des postes stratégiques liés aux secteurs de la sécurité ou de la défense qui sont des secteurs par définition stratégiques. Les réserver aux citoyens français, c’est aussi un moyen parmi d’autres de se protéger de tentatives d’ingérence qui pourraient être orchestrées par des États étrangers", a détaillé Jordan Bardella.

"Est-ce qu'aujourd'hui on imagine des franco-russes travailler au ministère des Armées?", a interrogé l'ex-tête de file du Rassemblement national aux élections européennes.

Mais pour le moment, le RN n'a pas précisé ce qui pouvait être considéré comme un poste "stratégique" ou pas.

Selon Sébastien Chenu, cette mesure passera par "une loi organique et un décret". Le député a assuré que pour le reste, les personnes ayant la double nationalité disposeraient des mêmes droits que les autres, contrairement à ce que proposait le RN en 2022. "Quand vous êtes Franco-ceci ou Franco-cela, vous êtes Français et vous avez évidemment les mêmes droits que n'importe quel Français", a-t-il précisé.

L'élu RN avait défendu le 13 juin sur C8 la suppression de la double nationalité, avant de rétropédaler dans la soirée, constatant que "Marine Le Pen a renoncé à cette mesure et ne compte pas revenir dessus".

Article original publié sur BFMTV.com