Coût de l'énergie: Jordan Bardella adresse une lettre "aux boulangers de France"

Jordan Bardella, président par intérim du Rassemblement national, le 23 juin 2022 lors d'une conférence de presse à Paris - Alain JOCARD © 2019 AFP
Jordan Bardella, président par intérim du Rassemblement national, le 23 juin 2022 lors d'une conférence de presse à Paris - Alain JOCARD © 2019 AFP

Une "lettre aux boulangers de France". Alors que cette profession fait face à de grandes difficultés pour régler des factures parfois astronomiques en raison de la crise énergétique, Jordan Bardella a pris la plume. Une façon pour le président du Rassemblement national de fustiger la politique de l'exécutif en la matière et de proposer des alternatives politiques.

Dans un document que BFMTV s'est procuré, celui qui est également député européen tance "Emmanuel Macron et son gouvernement". Lesquels "ne semblent pas mesurer l'urgence de votre situation", dit-il à l'adresse des boulangers. Selon lui, "la mesure d'amortissement de prix de 20% pour les professionnels", mis en place par le gouvernement "n'est pas suffisante."

"Quel paradoxe de voir le président de la République se réjouir de l'inscription de la baguette au patrimoine immatériel de l'humanité par l'Unesco, mais condamner, par son inaction, des milliers d'artisans-boulangers à fermer le rideau, pris à la gorge par une inflation hors de contrôle", attaque ensuite Jordan Bardella.

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"Remettre en cause" les "règles européennes"

Le problème selon lui? "Un mécanisme absurde", consistant à indexer "votre facture d'électricité sur les prix du gaz", et conduisant "au renchérissement insupportable des factures d'énergie". Dès lors, conformément à la position du RN sur le sujet, la solution est de sortir "des règles européennes de fixation des prix de l'électricité".

De fait, cela permettrait de "retrouver des prix beaucoup plus raisonnables pour soulager durablement votre profession", met en avant l'élu d'extrême droite. "Le Portugal et l'Espagne l'ont fait, c'est une question de bon sens et de volonté politique", argue-t-il encore.

Et d'ajouter: "Remettre en cause ces règles européennes permettra de reprendre le contrôle et de rétablir des prix réglementés bas, correspondant au coût de production français, sans que cela ne coûte un centime aux contribuables."

"Toute une profession qui est en train d'agoniser"

Ce lundi sur BFMTV, Julien Pedussel témoignait de la situation de sa profession en formulant un "appel au secours". Cet artisan-boulanger dans l'Oise détaillait ainsi l'envolée spectaculaire de ses factures ces derniers mois: 6000 euros en novembre, puis, plus de 12.000 euros en décembre, contre environ 1800 euros avant la crise. Dans l'incapacité de payer, il a "fait opposition" sur sa facture TotalEnergies.

"Les fournisseurs d'électricité nous tuent", déclarait-il sur notre antenne, indiquant au passage vouloir alerter sur la "crise importante" qui frappe les boulangers. Selon lui, c'est "toute une profession qui est en train d'agoniser". Pour lutter contre cette situation, Julien Pedussel a appelé à des rassemblements sur les ronds-points.

Cela n'est pas sans rappeler la crise des gilets jaunes et inquiète le pouvoir. L'exécutif veut parer à tout incendie: les représentants de la profession seront reçus ce mardi à Bercy par Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, et Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des PME, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme.

"Nous ne laisserons tomber aucun boulanger"

"Le pain dans notre société a une charge symbolique très forte, historique [...] il a souvent été à l'origine d'explosions sociales que ce soit en France ou dans le monde", explique Matthieu Croissandeau sur BFMTV. La colère "percute directement le message de Bruno Le Maire", selon notre éditorialiste.

"Nous ne laisserons tomber aucun boulanger en France, comme nous ne laisserons tomber aucune PME, aucune TPE face à l'augmentation des prix de l'électricité", avait ainsi déclaré le patron de Bercy lors des questions au gouvernement le 6 décembre dernier.

En plus de la "mesure d'amortissement" évoquée par Jordan Bardella, l'exécutif a également prolongé cette année un guichet d'aide au paiement des factures d'électricité.

Cependant, cette réponse est "insuffisant[e]" pour l'instant, observe Matthieu Croissandeau. Seulement, "il n'y a pas de solution simple" pour répondre à cette colère, "sinon à restaurer une forme de "quoi qu'il en coûte", poursuit-il. Or, "on voit mal comment l'exécutif pourrait prendre une mesure juste pour les boulangers et la justifier ainsi sans que d'autres professions ne viennent à leur tour frapper à sa porte".

Article original publié sur BFMTV.com