Jonathan Demme s'en va en silence

Libération.fr
Jonathan Demme en 2008 au festival de Venise.

On a appris mercredi la mort du cinéaste américain oscarisé, auteur de formidables clips et films musicaux, dont la carrière s'était étiolée depuis les cartons «Philadelphia» et «le Silence des agneaux».

Jonathan Demme est mort ce mercredi matin à New York, des suites d’un cancer de l’œsophage et de complications cardiaques. Il avait 73 ans. Au jeu des rediffs télévisées en guise d’hommage, nul besoin d’institut de sondage pour prédire celle du Silence des Agneaux qui lui valut l’oscar du meilleur réalisateur. On espère qu’un autre silence sera dissipé — celui sur ses qualités sous-estimées de cinéaste, sa constance et sa versatilité. Paul Thomas Anderson, cinéaste mastoc plutôt suspecté d’être scorseso-altmano-welleso-kubrickien, revendiquait Demme comme sa plus grande influence dans le commentaire audio du DVD de Boogie Nights, ainsi que sa volonté de «contribuer à la reconnaissance de son style». Rien que ça.

Jonathan Demme commença comme scénariste/producteur dans la grande usine à séries B de Roger Corman en 1971. Mais dès sa première réalisation Cinq femmes à abattre (Caged Heat), film de prison de femmes, il cherche à élever le matériau en drapant le genre de contestation politique, avec une scène de cabaret fantasmé, qu’on jurerait piquée par Zack Snyder pour Sucker Punch, et John Cale à la musique. 

Signature visuelle

De là, Demme aura été drôle, avec les géniales comédies romantico-policières comme Dangereuse sous tous Rapports (1986) et Veuve, mais pas trop (1988) — illuminant respectivement Melanie Griffith et Michelle Pfeiffer en princesses screwball insoupçonnées — ; consciencieusement engagé, avec Philadelphia (1993, premier film hollywoodien et oscarisé à aborder sida et homophobie) ou l’Agronome (2003, docu sur le journaliste haïtien Jean Dominique, persécuté par la dictature), ou un poil perdu dans les remakes — la Vérité sur Charlie (2002), relecture éventée du pétillant Charade (1963) et Un crime dans la tête (2004).

Un fil conducteur dans cette (...)

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