Johnny Hallyday ou l'étrange fascination des intellectuels français

Giraud, Amaury
Johnny Hallyday a suscité la curiosité et parfois même l'admiration de figures du milieu intellectuel, dont Marguerite Duras (à gauche) et Françoise Sagan (à droite). / Rue des archives

L'icône du rock français qui vient de décéder n'a pas seulement réussi à acquérir une notoriété populaire, il est devenu la coqueluche des romanciers, philosophes et des cinéastes comme Jean-Luc Godard ou Costa Gavras... Tous intrigués par l'idole des jeunes, véritable phénomène dans l'histoire de la musique en France.

En février 1964, Johnny Hallyday accueille dans sa maison de Grosrouvre (Yvelines) une invitée de marque: Marguerite Duras. L'écrivain illustre, qui écrira plus tard L'Amant (Prix Goncourt 1984), s'apprête alors à publier son onzième roman: Les ravissements de Lol V. Stein chez Gallimard. Il faut dire que la romancière n'habite pas très loin. En 1958, elle a acheté sa maison de Neauphle-le-Château qu'elle gardera toute sa vie avant de la transmettre à son fils lorsqu'elle meurt en 1996.

Duras, Johnny et le doute existentiel

À l'époque, la fortune sourit au chanteur qui vient d'acheter sa maison située non loin de Montfort-l'Amaury dans laquelle il habite avec sa future épouse Sylvie Vartan. Son dernier album, Les bras en croix, a encore été un succès. Duras, elle, fait quelques «piges» pour la revue Adam consacrée à la mode masculine. Elle est chargée par sa rédaction d'aller interviewer le «phénomène Johnny».

L'auteur de Hiroshima mon amour est perplexe. Son article sera intitulé La Ferrari, le poireau et l'autobus. Elle y fait part de ses doutes sur «la vedette française actuellement la plus adulée» qui, semble-t-il, ne comprend pas toutes les questions. Éprouve-t-elle un certain mépris? Non, si elle paraît dubitative quant à l'authenticité du discours que le chanteur lui sert (il semble préfabriqué), elle est cependant fascinée par son allure. Son animalité. «Depuis ses débuts, Johnny a eu l'intelligence de se faire passer pour un idiot, explique Gilles Lhote, l'un de ses biographes. Sa maxime était: ‘‘tu dis oui, tu dis non, moins tu en dis, moins tu passes pour un (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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