«Johnny B. Goode», les trois commandements d'une intro

Libération.fr
Chuck Berry en concert à Vienne (Isère) en juillet 1981.

Avec ces quelques mesures de Chuck Berry, c'est le guitariste moderne qui commente en hurlant sa naissance.

Parfois les guitaristes se retrouvent propulsés au firmament de la musique. On ne sait pas si c’est de leur faute ou de celle des auditeurs, mais voilà… il leur suffit de quelques mesures pour s’extraire de leur monde d’érable ou de palissandre et briller à jamais dans l’inconscient collectif. C’est ce qui est arrivé à Jimmy Page sur le pont de Whole Lotta Love, à Hendrix dans le thème de Purple Haze, ou à Chuck Berry durant l’intro solo de Johnny B. Goode (1957), qui condense ce qui faisait le blues et est devenu le rock, soude sur quatre mesures ces deux immenses continents de la musique amplifiée de l’après-guerre. Sous le feu d’un si bémol extravagant pour les guitaristes se piquant de solo, car il ne permet pas de jouer avec les cordes à vide, Chuck Berry grave, outre sa présence qui en impose, trois commandements.

1. La vitesse. Le premier, c’est la vitesse. Le blues offrait à ses guitaristes des occasions de démarrer par une gentille descente (de la 7e à la quinte) pour débuter le morceau poliment. Chuck B., lui, part comme une bombe à du 160 bpm (puis davantage, le morceau fluctue), monte et descend une gamme, pose la prééminence de la guitare et du solo rapide dans le rock. Quand la section rythmique arrive, elle est à l’avenant, brutalisant les shuffle blues.

2. Les double-stops. Le second, c’est l’arrivée des double-stops. Le guitariste joue deux cordes en même temps. La structure reste celle d’un solo mais la puissance devient celle d’une rythmique, avec une richesse harmonique supplémentaire puisqu’à la note que l’on veut jouer (mettons un si bémol), on ajoute une autre note, ici à un intervalle de quarte (un fa). Le «he could play a guitar just like a ringing a bell» évoqué dans le morceau réside précisément dans la résonnance de ces deux notes cristallines conjointes. Johnny B. Goode, c’est aussi le guitariste moderne qui commente en hurlant (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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