Qui est John McFall, le premier astronaute handicapé européen ?

ESA Astronaut Class of 2022 Meganne Christian (L), John McFall (C), and Rosemary Coogan (R) pose during a ceremony to unveil the European Space Agency new class of career astronauts in Paris on November 23, 2022. - ESA choose two women and three men from five different Western European countries out of more than 22,500 applicants. (Photo by Joël SAGET / AFP)
JOEL SAGET / AFP ESA Astronaut Class of 2022 Meganne Christian (L), John McFall (C), and Rosemary Coogan (R) pose during a ceremony to unveil the European Space Agency new class of career astronauts in Paris on November 23, 2022. - ESA choose two women and three men from five different Western European countries out of more than 22,500 applicants. (Photo by Joël SAGET / AFP)

ESPACE - Bientôt le premier astronaute en situation de handicap envoyé dans l’espace ? Cette possibilité pourrait se concrétiser. Ce mercredi 23 novembre au Grand palais éphémère de Paris, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) a sélectionné dans sa nouvelle promotion 2022 le britannique John McFall, amputé d’une jambe après un accident de moto à 19 ans. Il pourrait devenir la première personne handicapée à voler en orbite dans le cadre du projet « parastronaute. »

Ancien sprinter paralympique, il remporte la médaille de bronze au JO de Pékin en 2008 sur l’épreuve du 100 mètres. Il travaille à ce jour comme docteur en traumatologie et en orthopédie dans le sud de l’Angleterre et possède de solides connaissances en médecine et en chirurgie.

« L’espace est pour tout le monde », a-t-il commenté peu après cette nomination, en conférence de presse. « C’est pionnier et c’est excitant. (...) Je pense que je peux apporter l’idée inspirante que la science est accessible à tout le monde et que l’espace est potentiellement pour tout le monde aussi », a-t-il déclaré. Il rejoint cinq autres heureux élus qui intégreront le programme de formation de l’ESA qui ont été sélectionnés parmi 23 000 candidats européens - dont 257 personnes handicapées.

« Nous avons eu affaire à un super groupe de candidats et rencontré des personnes formidables », témoigne Guillaume Weerts, le médecin en chef des astronautes au sein de l’ESA. Le processus de sélection a « démontré que le handicap n’était pas une limitation, nous y croyons vraiment. »

Une étude de faisabilité

John McFall intégrera ensuite le corps d’entraînement spatial pour travailler avec des concepteurs et des ingénieurs sur une « étude de faisabilité » sur l’envoi d’un « parastronaute » à bord d’un vol habité. Car, dans l’univers extrêmement précis des voyages spatiaux, même de petites modifications peuvent devenir extrêmement compliquées et coûteuses.

Les systèmes existants sont par exemple conçus pour des personnes d’une certaine taille. Comment dès lors s’assurer « qu’une personne plus petite ait tout simplement accès aux boutons ? », s’interroge le responsable de l’ESA. L’agence prévoit donc de travailler avec John McFall pour trouver le meilleur moyen d’identifier et de surmonter ces difficultés potentielles.

Pourra-t-il s’envoler rapidement pour l’orbite basse ? « L’espace n’est pas une activité pour gens pressés », répond Guillaume Weerts. Le calendrier est difficile à prévoir car « cela dépend vraiment de ce que nous allons rencontrer », souligne-t-il, précisant que beaucoup de travail reste à faire. Mais il pourrait être envoyé dans l’espace « potentiellement dans les dix prochaines années. »

Les personnes porteuses de handicap physique étaient jusqu’ici exclues des sélections pour devenir astronaute, réputées parmi les plus rudes. Mais l’ESA avait annoncé en 2021 ouvrir ses portes à un ou plusieurs candidats porteurs d’un handicap au niveau des membres inférieurs et aux personnes mesurant moins de 1,30 mètre ou ayant une asymétrie des jambes - les aptitudes intellectuelles et psychologiques requises sont les mêmes que pour les autres astronautes.

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