Joggeuse disparue puis retrouvée vivante : les enquêteurs à la recherche d'indices

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Même si l'adolescente a été retrouvée vivante, l'affaire n'est pas terminée et l'enquête se poursuit pour comprendre ce qui a pu se passer.

La jeune fille de 17 ans, retrouvée vivante mardi soir en Mayenne après une disparition inexpliquée alors qu'elle était partie courir le lundi, "a retrouvé sa famille" et "aucune interpellation n'est intervenue" jusqu'à présent, a fait savoir mercredi soir le parquet de Laval. Mais les investigations continuent pour comprendre ce qu'il s'est passé pendant ces plus de 24 heures de disparition. 

L'adolescente, qui sera à nouveau entendue vendredi par les enquêteurs, a expliqué avoir été enlevée et séquestrée par deux personnes, avant de réussir à s'échapper et de se réfugier dans un kebab à Sablé-sur-Sarthe. Selon les personnes présentes, elle était en état de choc.

L'affaire "est en partie résolue parce que la jeune fille est saine et sauve, mais derrière il y a une reconstitution des faits à partir de sa disparition en forêt, et ce que l'on peut faire pour retrouver les ravisseurs", explique le général François Daoust, ancien directeur de l'IRCGN, sur BFMTV.

Tenter de reconstituer le déroulé de la journée

Les enquêteurs essayent, pour le moment, de reconstituer le déroulé de la journée de l'adolescente, ces 24 heures pendant lesquelles elle a disparu. Une tâche difficile car ils se basent principalement sur les déclarations de la jeune femme, qui présente un récit lacunaire. Elle n'a ainsi pas pu décrire le lieu où elle avait été séquestrée ni l'identité de ses ravisseurs qui seraient au nombre de deux.

"L'audition de la jeune fille est un élément déterminant mais il faudra forcément prendre en compte le traumatisme important auquel elle doit faire face", et qui peut influencer son témoignage explique sur BFMTV David Ramos, vice-président de l'association professionnelle nationale des militaires GendXXI. "Là l'idée ça va être vraiment de reconstruire son parcours, d'essayer d'obtenir un maximum d'informations pour les confronter aux derniers éléments récupérés par les enquêteurs".

Bornage téléphonique, traces de pneu dans la forêt, vidéosurveillance... De nombreux éléments doivent être analysés, dans l'espoir d'y trouver des réponses. Des psychologues criminologues, spécialisés dans les sciences du comportement, pourraient également intervenir pour aider la jeune fille "à pouvoir renouer avec un témoignage et pouvoir débloquer sa parole", en donnant peut-être de nouveaux éléments, explique François Daoust.

L'hypothèse de l'enlèvement reste donc actuellement retenue mais les enquêteurs s'interrogent aussi sur ses propos et tentent de vérifier ce qu'elle dit. Mercredi soir la procureure ne parlait d'ailleurs plus de "séquestration" mais de "disparition" dans son communiqué.

Moins de personnes engagées

De leur côté, les gendarmes ont annoncé, mercredi en fin d'après-midi, avoir levé l'important dispositif de 200 militaires mis en place dans le secteur de la disparition de la jeune fille. "Désormais, une soixantaine de gendarmes (sont) engagés dans les investigations" et "les unités gendarmerie locales restent, dans le cadre du service, vigilantes", ont-ils précisé.

"Au départ on avait 200 personnes dans le volet recherches, puis il y avait énormément de travail à effectuer, notamment au niveau des riverains pour essayer de recueillir un maximum de renseignements", explique David Ramos. Mais "après cette phase de récolte, on est rentré dans une phase de traitement de l'information et effectivement les besoins ne sont pas les mêmes". 876450610001_6281405360001

Il n'y a plus, par exemple, le caractère urgent de retrouver une personne disparue. Mais "si demain un élément nouveau venait à nécessiter un réengagement de moyens importants, ils seraient bien évidement mis en oeuvre", explique-t-il.

La section de recherches d'Angers et la brigade de recherches de Château-Gontier sont ainsi mobilisées, et poursuivent actuellement "un travail minutieux d'auditions, réquisitions, vérifications pour préciser le déroulement de la journée pendant laquelle la jeune fille a disparu, en se basant notamment sur ses déclarations", a assuré dans un communiqué la procureure de la République de Laval, Céline Maigné.

Aucune interpellation pour le moment

L'enquête "donne l'impression de ne pas avancer parce que dans une enquête criminelle, il faut aller vite pour rassembler des éléments qui sont complètement dispersés", explique Jacques Fombonne, général de gendarmerie et ancien commandant de la section de recherches d'Orléans. 

"On a besoin d'entendre d'éventuels témoins, de faire du porte à porte, il faut investiguer sur les réseaux sociaux, sur la boîte mail de la victime..."

Un homme avait été placé en garde à vue lundi soir après cette disparition mais il a été mis hors de cause, avait annoncé la procureure, plus tôt dans la journée de mercredi. Pour le moment aucune autre interpellation n'a eu lieu et de nombreuses questions restent sans réponse. Où la jeune femme a-t-elle été séquestrée? Pourquoi ces hommes s'en sont pris à elle?

Une enquête pour enlèvement et séquestration a été ouverte mardi.

Article original publié sur BFMTV.com

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