Joe Biden, meilleur candidat pour battre Trump à l'élection présidentielle?

Joe Biden, meilleur candidat pour battre Donald Trump à l'élection présidentielle américaine de 2020? (Photo: MAXIME BOURDEAU/LE HUFFPOST avec AFP et AP)

PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE - Ça passait ou ça cassait. Joe Biden en parlait depuis l’ouverture des primaires démocrates, et le moment était maintenant arrivé de voir si, oui ou non, la Caroline du Sud volerait bel et bien à son secours en votant ce samedi 29 février.

En plus d’avoir enchaîné des revers cinglants dans l’Iowa puis le New Hampshire, l’ancien vice-président était depuis des semaines en chute libre dans les sondages nationaux qui avaient pourtant passé les douze derniers mois à le sacrer grand favori de la course à l’investiture démocrate.

Les résultats dans le Nevada le 22 février l’avaient cependant un peu aidé à remonter la pente dangereusement glissante sur laquelle il était lancé. Sa très belle performance ce samedi en Caroline du Sud permet de ressusciter sa candidature et pourrait, qui sait, le porter jusqu’à l’élection générale du 3 novembre. 

Joe Biden serait-il alors le meilleur candidat pour battre Donald Trump et le sortir de la Maison Blanche? Le HuffPost a rassemblé plusieurs forces (et faiblesses) du candidat pour tenter d’y voir plus clair.

Donald Trump en a peur

Bien qu’en perte de vitesse, Joe Biden reste l’un des candidats à la fois les plus célèbres et les plus appréciés. Tous les électeurs interrogés connaissent son nom et 66% d’entre eux en ont une opinion favorable, selon les dernières données de l’institut Morning Consult. Seul Bernie Sanders fait mieux depuis sa réussite aux primaires, avec 74% d’opinions favorables. L’ancien vice-président est donc dans tous les esprits, et face à Donald Trump -qui a passé quatorze ans à la télévision en prime time juste avant de s’installer quatre ans à la Maison Blanche- ce n’est pas un luxe.

Mais la vraie planche de salut de celui qui adore répéter qu’il a Barack Obama comme meilleur ami, c’est sa popularité auprès de la communauté afro-américaine. Du moins, il l’espère. Même si pour la première fois, selon une étude du Pew Research Center, ces électeurs ne seront pas la minorité ethnique qui pèsera le plus dans l’élection présidentielle (une place qui reviendra aux électeurs latino-américains), leur soutien sera primordial aux démocrates car il fait gravement défaut au magnat de l’immobilier républicain. 

Joe Biden reste le candidat démocrate le plus populaire chez les électeurs afro-américains, qui votent traditionnellement en majorité pour le parti démocrate (infographie Morning Consult) (Photo: Morning Consult)

Restent les sondages sur le meilleur candidat pour affronter Trump. Ils peuvent bien évidemment encore bouger -Biden ne le sait que trop bien- et Bernie Sanders ne cesse de progresser, mais ils continuent tout de même de présenter l’ancien vice-président de 77 ans comme le mieux placé. C’est lui qui obtiendrait la plus large victoire avec un avantage de 4,8 points sur le républicain s’il lui faisait face le 3 novembre prochain, si l’on en croit la moyenne des sept derniers sondages compilés par le site Real Clear Politics.

Et ça Trump a l’air d’en avoir bien conscience, si l’on en croit son compte Twitter. Le président américain y dénigre constamment Biden à coups de “Joe l’endormi”, comme pour encourager les démocrates à voter pour quelqu’un d’autre. Quelqu’un de plus énergique, comme Bernie Sanders... que Trump félicite de monter dans les sondages ou qu’il estime maltraité par l’establishment démocrate (on ne peut plus incarné par Biden).

“Wow, Bernie le fou explose dans les sondages, cela se présente très bien pour lui face aux bons à rien de démocrates.”

“Ils truquent l’élection contre Bernie Sanders, comme en 2016 (...). Ils l’empêchent d’aller dans l’Iowa et le font assister à l’arnaque qu’est le procès en destitution. Ils donnent un gros avantage à Joe l’endormi et Bernie est encore écarté. C’est comme ça que les démocrates jouent le jeu. Drôle à regarder!”.

Au-delà d’un (impossible) décryptage de la psychologie de Trump sur Twitter, l’appréhension d’affronter Biden a été clairement et publiquement établie il y a plusieurs mois: faut-il rappeler que le président s’est tout de même retrouvé sous le coup d’une procédure de destitution pour avoir demandé à l’Ukraine d’enquêter sur l’ancien vice-président et son fils pour tenter de dénicher des informations compromettantes?

Le changement, ce n’est pas maintenant

Là où le bât blesse pour Joe Biden, c’est autour de son programme. Si sa personne est appréciée, ses propositions très modérées sont très loin de faire l’unanimité.

Biden souhaite conserver le système de santé actuel, refuse de s’opposer à la fracturation hydraulique, ne se battra pas pour la gratuité des études supérieures, n’envisage pas taxer le patrimoine des Américains les plus riches... Le septuagénaire est l’incarnation même du status quo. Et offrir une continuité sans la moindre bousculade hérisse profondément la gauche de la gauche. 

Face à Donald Trump il faudra pourtant mobiliser deux électorats-clés sous-exploités en 2016: la génération Z (les 18/22 ans) et la génération Y (les 23/38 ans). Des alliés de taille qui sont extrêmement sensibles au programme révolutionnaire de Bernie Sanders. Chez eux, Biden ne reçoit que 14% des suffrages, selon Morning Consult.

Et si elles ne sont pas assez galvanisées, ces tranches de la population qui votent traditionnellement en grande partie démocrate pourraient ne pas se déplacer en masse alors qu’ils représenteront le 3 novembre 2020 plus d’un électeur potentiel sur trois.

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Les "millennials" (la génération Y) ainsi que la génération Z représenteront 37% de l'électorat en novembre 2020 (infographie Pew Research Center) (Photo: Pew Research Center)

 Autre ombre notable à un affrontement Biden/Trump, l’énergie que renvoie l’ancien vice-président. Ou plutôt le manque de.

Le président américain a en effet eu le don de taper là où cela fait mal en le surnommant “Joe l’endormi”. Ce dernier a du mal à s’imposer -comme cela s’est vu dans les dix débats démocrates organisés pour les primaires- et enchaîne les gaffes, multiplie les erreurs évidentes.

 Au cours des sept derniers jours, Biden a notamment déclaré être “candidat au Sénat” (et non à la Maison Blanche, vidéo ci-dessus), que les armes à feu avaient fait “150 millions de morts aux États-Unis” (ce qui représenterait la moitié de la population du pays) ou encore confondu le président chinois Xi Jinping avec l’un de ses prédécesseurs décédés.

Non pas que Donald Trump ne commette pas d’impairs à l’oral. Mais le rouleau compresseur du divertissement qu’il est sait en général parfaitement les utiliser à son avantage. Là où Joe Biden semble juste s’égarer.  

 

 

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