Joe Biden gagne l'élection présidentielle américaine 2020

Maxime Bourdeau
·Correspondant
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Joe Biden a gagné l'élection présidentielle américaine 2020, défaite de Donald Trump. (Photo: MAXIME BOURDEAU / LE HUFFPOST avec Reuters)
Joe Biden a gagné l'élection présidentielle américaine 2020, défaite de Donald Trump. (Photo: MAXIME BOURDEAU / LE HUFFPOST avec Reuters)

PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE - Il aura fallu attendre le quatrième jour de dépouillement après la fermeture des derniers bureaux de vote, les résultats étant très lents à arriver à cause du vote par correspondance massif cette année, mais Joe Biden a fini par remporter ce samedi 7 novembre l’élection présidentielle qui a eu lieu mardi.

Alors que Donald Trump, sentant le vent tourner, a dès mercredi déployé tout un arsenal de recours juridiques pour contester cette victoire, le candidat démocrate a franchi la limite magique des 270 grands électeurs nécessaires pour s’installer à la Maison Blanche en remportant peu avant 17h30 (11h30 heure locale) les 20 grands électeurs de la Pennsylvanie, a annoncé l’Associated Press.

L’ancien vice-président, qui fêtera ses 78 ans le 20 novembre prochain, remporte ainsi au moins 284 de ces grands électeurs (le dépouillement étant toujours en cours dans une poignée d’États) et enregistre déjà près de 74 millions de bulletins au vote populaire.

Revers de taille pour Trump, sans vague bleue

S’il n’a pas réussi l’exploit de faire déferler une vague bleue sur les États-Unis comme l’espéraient les démocrates, Joe Biden a au moins trouvé le moyen de retenir les bastions du parti et donner brièvement des sueurs froides aux conservateurs de Floride et du Texas où il s’est un instant rapproché d’une possible victoire.

Le démocrate a aussi, et surtout, affligé quatre revers de taille à Trump en lui ravissant les États de l’Arizona (que certains médias n’ont pas encore attribué à Biden par extrême prudence), du Wisconsin, du Michigan et donc de la Pennsylvanie qu’il avait remportés en 2016. Son message d’apaisement, d’empathie et d’ouverture semble avoir résonné dans ces régions face à la violence, la colère et au vacarme de la campagne du président.

“Il est temps de mettre les discours agressifs de la campagne derrière nous. Pour avancer, nous devons arrêter de traiter nos opposants comme des ennemis”, avait plaidé mercredi déjà Biden lors d’une allocution où il promettait une fois encore “d’être le président de tous les Américains”, qu’ils aient voté pour lui ou non.

L’effet coronavirus

Nul doute que les électeurs ont aussi été sensibles au sérieux de Joe Biden face au coronavirus qui continue de frapper le pays de plein fouet. Ce jeudi 5 novembre, alors que près de 235.000 Américains sont décédés du Covid-19, un nouveau record a été battu avec 120.000 nouvelles infections détectées en 24H, selon le décompte de l’université Johns Hopkins.

Depuis le début de l’épidémie, le candidat démocrate a suivi les consignes des experts en arrêtant ses meetings de campagne en mars et en se confinant chez lui plus de deux mois, le visage couvert lors de ses rares sorties. Une attitude que Trump a longtemps moquée, en plus de refuser de se masquer en public et minimisant la gravité du Covid en le comparant régulièrement à une simple grippe. Avant d’être lui-même contaminé au mois d’octobre et de continuer à refuser d’imposer le port du masque au nom de la “liberté individuelle”.

Joe Biden a promis pour sa part de mettre en place une stratégie nationale contre le virus, ce qui fait actuellement cruellement défaut dans le pays où les États affrontent les uns après les autres des vagues de contamination. Le démocrate veut une loi d’envergure au Congrès pour financer une campagne nationale de test “dont les résultats seront disponibles immédiatement”, la fabrication aux États-Unis des produits et équipements médicaux, port obligatoire du masque dans les bâtiments fédéraux et dans les transports entre États, ainsi que la gratuité “pour tous” du futur vaccin.

Batailles juridiques à venir

Le coronavirus a aussi directement impacté le scrutin avec la quasi-généralisation, pour des raisons de santé publique, du vote par correspondance et par anticipation. Et ce, souvent contre la volonté des élus locaux républicains qui redoutaient que cette méthode de vote ne motive plus d’électeurs démocrates à participer.

Au total, plus de 100 millions d’Américains ont voté de façon anticipée en 2020, selon les dernières données du US Elections Project. Les bulletins, envoyés par courrier ou déposés en personne par les électeurs avant l’ouverture officielle des bureaux de vote mardi, ont ainsi clairement battu des records: en 2016, seulement 57 millions d’électeurs avaient voté en avance, selon le site de la US Election Assistance Commission.

Un dispositif que Trump n’a pas arrêté de dénigrer -bien que lui-même l’ait à plusieurs reprises utilisée pour voter- en l’accusant sans preuve d’être la source de “fraudes massives” et “résultats truqués”. Ce mercredi, le républicain a d’ailleurs demandé à ses avocats de déposer des plaintes dans plusieurs États où les bulletins reçus par la poste ont en grande majorité permis à Biden d’arriver en tête.

Sauf retournement de situation ou recomptages interminables, Donald Trump devra pourtant faire ses cartons d’ici à la cérémonie d’investiture qui aura lieu le mercredi 20 janvier 2021 et fera officiellement de Joe Biden le 46e président des États-Unis. Avec à ses côtés, Kamala Harris, 56 ans, qui sera non seulement la première femme, mais aussi la première femme noire et d’origine indienne, à devenir vice-présidente du pays.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.