Les JO d'hiver 2030 en France? L'idée fait son chemin

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Laurent Wauquiez, ici photographié à l'été 2018 dans sa région Auvergne-Rhône-Alpes, envisage d'organiser les Jeux olympiques d'hiver de 2030. Une idée qui ne suscite pas l'adhésion de tous dans les Alpes. (Photo: Emmanuel Foudrot / Reuters)
Laurent Wauquiez, ici photographié à l'été 2018 dans sa région Auvergne-Rhône-Alpes, envisage d'organiser les Jeux olympiques d'hiver de 2030. Une idée qui ne suscite pas l'adhésion de tous dans les Alpes. (Photo: Emmanuel Foudrot / Reuters)

OLYMPISME - Après Chamonix, Grenoble et Albertville, et surtout six ans après Paris 2024, la France va-t-elle accueillir les Jeux olympiques d’hiver pour la quatrième fois en 2030? C’est en tout cas une piste de réflexion commune à la région Auvergne-Rhône-Alpes et au département de la Savoie, comme l’a révélé Le Dauphiné Libéré jeudi 28 octobre.

Pour l’heure, le projet est encore loin d’être concrétisé et le Comité national olympique et sportif français (le CNOSF) n’a même pas encore été consulté, comme l’a confirmé la présidente de l’institution, Brigitte Henriques, à nos confrères de L’Équipe, expliquant qu’il fallait déjà se concentrer sur l’organisation des Jeux d’été à Paris.

Néanmoins, des élus locaux, eux, commencent à enclencher une dynamique. Les maires des communes ayant accueilli les JO d’hiver d’Albertville, en 1992, et dont les installations sont encore en état de marche se sont notamment rencontrés discrètement ces derniers jours, et le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez vante déjà les mérites d’une grande candidature des Alpes, allant “du Mont-Blanc au Vercors”.

De “grands projets inutiles”

“On a la plus belle montagne du monde et j’ai envie qu’on puisse avoir ce moment si fort”, se justifie auprès de France 3 l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui assure réfléchir à ce projet “depuis cinq ans”. “On va évaluer si, pour nous, il y a une fenêtre de tir et si c’est le bon moment ou s’il faut travailler sur quelque chose de conjoint”, précise-t-il encore, assurant qu’il ne poussera le projet que s’il a la certitude que celui-ci peut “gagner”.

“Je trouverais ça formidable parce qu’on a vécu l’expérience d’Albertville”, a renchéri Patrick Mignola, député de la Savoie et président du groupe Modem à l’Assemblée. “Même si je suis savoyard, ce serait une candidature de la France, et que les Alpes françaises puissent recevoir à nouveau les JO, ce serait une formidable perspective”, a-t-il ajouté au micro de franceinfo ce dimanche 31 octobre.

Mais tous les responsables politiques concernés par cette éventuelle candidature ne sont pas aussi avenants avec l’idée que l’élu Modem. Fabienne Grebert, co-présidente du groupe écologiste à la région dirigée par Laurent Wauquiez, a par exemple réagi très vivement à la nouvelle, évoquant “des grands projets inutiles” et “d’arrière garde” qui consistent à “jeter l’argent par la fenêtre”.

Promesse opportuniste?

“Alors qu’on ne trouve pas de fonds pour financer des lignes de train du quotidien ou la rénovation thermique des bâtiments, la Région serait prête à participer au financement d’un événement aussi coûteux?”, s’interroge également l’élue, qui rappelle que l’organisation d’un tel événement se chiffrerait nécessairement en milliards d’euros. Pour rappel, en 1992, le budget -alors infiniment moindre- avait été largement dépassé, accusant un surplus de 42 millions d’euros.

Dans la même veine, rapporte LyonMag’, le conseiller régional vert Axel Marin parle d’un “coup de communication inattendu et d’ampleur nationale” pour Michel Barnier. Ce dernier, candidat à l’investiture Les républicains pour la présidentielle de 2022, est effectivement originaire de Savoie.

En outre, il y a peu de chance que le Comité international olympique accorde deux organisations à la France en seulement six ans. D’autant que le CIO discute déjà avec plusieurs potentiels candidats pour 2030, notamment Barcelone (associé aux Pyrénées), Sapporo et Salt Lake City, et des velléités ont déjà été mises au jour du côté des Canadiens de Vancouver et des Ukrainiens de Lviv.

Une commission spécialisée doit de toute façon effectuer un premier tri parmi ces possibles organisateurs, avant que le CIO n’arrête à Bombay en 2023 une liste définitive au sein de laquelle trancher. D’ici là, les JO d’hiver 2022 se dérouleront dans moins de cent jours du côté de Pékin (première ville à accueillir les Jeux d’hiver et d’été, même si le site olympique sera distant de la capitale chinoise), puis en Italie, à Milan et Cortina d’Ampezzo, en 2026.

À voir également sur le HuffPost: À trois ans des JO, le drapeau olympique flotte déjà sur Paris

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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