JO 2024: l'événement pourrait générer jusqu'à un demi-milliard d'euros de paris sportifs

Les Jeux olympiques et paralympiques ne devraient pas échapper à la fièvre des paris sportifs. L'année dernière, ils ont contribué à près des deux tiers du produit brut des jeux (PBJ) en ligne en France, c'est-à-dire la différence entre les mises des joueurs et les gains reversés par les opérateurs, avec un total de presque un milliard et demi d'euros. Et tout indique que l'année 2024 devrait être particulièrement fructueuse pour ces opérateurs grâce à deux événements sportifs majeurs: l'Euro de football, mais aussi les Jeux olympiques et paralympiques. Selon l'autorité nationale des jeux, les opérateurs de paris espèrent conquérir près de 5 millions de nouveaux joueurs en 2024, un objectif en hausse de 9% par rapport à 2023.

Pour la première compétition, la popularité du ballon rond n'est plus à démontrer et 4,4 milliards d'euros de mises ont été engagés sur des matchs de football en 2023, ce qui en fait de loin le sport captant le plus gros montant de paris en France, très largement devant le tennis (moins de deux milliards d'euros) et le basket-ball (900 millions d'euros). Le dernier Euro avait généré 700 millions d'euros (dont 450 millions en ligne) de mises dans l'Hexagone, mais les Bleus avaient été éliminés dès les huitièmes de finale. En revanche, les mises étaient montées à 900 millions d'euros (dont 600 millions en ligne) lors de la dernière Coupe du monde qui avait vu l'Équipe de France se hisser en finale.

Pas de décalage horaire et des stars du sport tricolore

Bien qu'ils représentent le second évènement sportif le plus médiatisé au monde, les Jeux olympiques suscitent nettement moins de mises que les grands tournois de football. Mais l'édition 2024 pourrait drastiquement changer la donne si on en croit les projections de l'Autorité nationale du jeu (ANJ). Interviewé au micro de RMC Sport en mars dernier, le patron de la lutte contre la manipulation des compétitions sportives de l'ANJ Corentin Segalen estimait que la fourchette de paris sportifs lors des Jeux serait "entre 400 et 500 millions d'euros". Bien loin des 90 millions d'euros de mises observées à l'occasion des Olympiades de Tokyo, qui comme celles de Rio, ont pâti des du décalage horaire.

Mais cette problématique n'existera pas lors des Jeux olympiques de paralympiques de Paris. Surtout, les Olympiades françaises vont bénéficier de la présence de stars du sport tricolore pour susciter l'intérêt des parieurs, de Victor Wembanyama au basket-ball à Antoine Dupont au rugby à sept en passant par Nikola Karabatic. Côté football, l'absence de la superstar Kylian Mbappé pourrait cependant porter un coup à l'estimation du représentant de l'ANJ.

Le 1er mars dernier, l'autorité a mis à jour sa liste de sports et disciplines ouverts aux paris dans laquelle figurent des incontournables des Jeux comme l'escrime, le judo, l'athlétisme et la plupart des sports collectifs donc. En revanche, les parieurs ne pourront pas miser sur la gymnastique, le dressage et le concours en équitation ou encore les sports additionnels des Jeux (breaking, escalade, surf et skateboard).

"Ce n’est pas forcément le genre d’épreuves sur lesquelles parient nos clients, car les athlètes sont moins connus, mais on va bien sûr proposer des paris sur toutes les épreuves possibles", indiquait le patron de Betclic à l'AFP il y a quelques mois.

Des investissements massifs des opérateurs dans leur stratégie promotionnelle

Preuve de l'engouement anticipé autour des Jeux olympiques et paralympiques, les opérateurs de paris mettent 670 millions d'euros sur la table afin de financer leurs investissements publicitaires et promotionnels en 2024 (+14% sur un an), un tiers de ce montant étant consacré à des campagnes programmées entre mai et juillet. Cette année, l'ANJ a cependant demandé à certains opérateurs de "modérer de manière significative leur stratégie promotionnelle afin de ne pas exercer une pression publicitaire excessive sur l’ensemble des différents supports médiatiques existants, en particulier pendant la période de l’Euro 2024 et celle des Jeux olympiques de Paris".

"La tenue de ces deux événements de premier plan risque d’accroître fortement l’exposition aux jeux d’argent et de hasard des publics et tout particulièrement des publics mineurs et des personnes vulnérables."

Il y a quelques mois, l'autorité avait notamment épinglé la stratégie promotionnelle du site Winamax sur le volet "bonus et gratifications financières". Il peut s'agir des sommes à parier offertes aux nouveaux clients ou aux actuels afin de les fidéliser et qui représentent le premier poste marketing des opérateurs en concentrant près de 60% de leurs investissements. Dans le cas de Winamax, l'ANJ estimait que cette stratégie présentait "un risque important d'intensification des pratiques de jeu, ce risque étant exacerbé chez les joueurs les plus fragiles".

L'autorité nationale des jeux travaille également avec le Comité d'organisation des Jeux afin de prévenir les paris suspects lors de la compétition. Cela passe notamment par la sensibilisation des différentes parties prenantes comme les arbitres, les coachs ou bien les athlètes qui pourraient être approchés afin de truquer des rencontres. Des rencontres sportives sur lesquelles ils n'ont d'ailleurs pas le droit de miser eux-mêmes.

Article original publié sur RMC Sport