JO-2024: à Paris, les barrières fleurissent, les désagréments aussi

Cette photographie montre une vue du pont Alexandre III et du Grand Palais à Paris, fermé à la circulation en raison de la construction des installations des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, le 17 mai 2024 (Thomas SAMSON)
Cette photographie montre une vue du pont Alexandre III et du Grand Palais à Paris, fermé à la circulation en raison de la construction des installations des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, le 17 mai 2024 (Thomas SAMSON)

Environ 44.000 barrières prennent d'assaut le coeur de Paris, à moins de trois semaines des Jeux olympiques: le montage des gradins de la cérémonie d'ouverture ne se fait pas sans désagréments pour les habitants de la capitale, gênés dans leurs déplacements.

Sur le périphérique, la voie réservée aux véhicules des accrédités des JO (26 juillet - 11 août) doit priver les Franciliens d'une file dès lundi 15.

Dans le coeur de la capitale, les sites de compétition au pied de grands monuments (Concorde, Invalides, tour Eiffel) ont déjà chassé les voitures de leurs axes.

C'est désormais le long de la Seine, qui accueillera la cérémonie d'ouverture le 26 juillet, que certains trottoirs et pistes cyclables sont devenus inaccessibles.

Des panneaux invitent les vélos à se reporter sur la route. Résultat: certains trajets sont "plus dangereux que d'habitude", déplore Séverine Valent, 48 ans, lunettes sur le nez et casque sur la tête.

Avec la fermeture de ponts et voies, comme place de la Concorde, "on doit prendre des gros détours", commente Junior Zigo, employé par une société de transports de personnes, à bord de son tricycle électrique trois places.

- "Mise en cage" -

D'autres Parisiens s'agacent contre les 44.000 barrières que la préfecture a annoncé lundi déployer pour sécuriser les épreuves sur route et la cérémonie d'ouverture.

Vidéo de grillages séparant la chaussée du trottoir sur l'île Saint-Louis à l'appui, un internaute déplore sur X la "mise en cage" des habitants à cause, selon lui, de "cette idée absurde de cérémonie d'ouverture sur la Seine".

D'autres fustigent le côté peu esthétique de ces grilles.

Les deux îles, Cité et Saint-Louis, font partie du périmètre de sécurité antiterroriste qui entrera en vigueur le 18 juillet et dont l'accès sera autorisé sur présentation d'un "pass jeux" supportant un QR Code, après une enquête administrative.

Les bars et restaurants y seront également fermés le 26 juillet.

Quelque 326.000 spectateurs - 104.000 places payantes sur les quais bas, 222.000 places gratuites sur les quais hauts - sont attendus pour assister à la cérémonie d'ouverture sur la Seine, qui verra les délégations d'athlètes défiler sur plusieurs bateaux, depuis le pont d'Austerlitz et jusqu'au Trocadéro.

Jean-Pierre Lecoq, le maire LR du VIe arrondissement, à mi-chemin du parcours, dit avoir "comme beaucoup de Parisiens découvert cette semaine" ces barrières, dont il n'avait "jamais entendu parler" auparavant.

Depuis lundi, "un certain nombre des habitants nous ont fait part de leur stupéfaction, ainsi que l'impossibilité physique de sortir" de chez eux, affirme-t-il.

Notamment les personnes en fauteuil roulant, bloquées par les sabots des barrières.

Mais pour l'élu de droite, favorable aux JO, "il faut bien que cette manifestation ait lieu".

Lors d'un point presse mercredi, la préfecture de police a concédé que ce barriérage "nécessaire" pouvait impliquer certains "contournements", mais devait "permettre le déplacement de chacun autour du périmètre sans difficulté".

De son côté, la ville a mis en avant son "programme d'information personnalisé", Paris Info Jeux 2024 (infojeuxparis.fr), accessible sur inscription, et qui renseigne sur les "phases de montage, et les conséquences en termes de circulation et de fermeture de voies".

- Manœuvre délicate -

Si certaines voies resteront fermées plusieurs semaines, d'autres portions ne subissent que des interdictions de circulation de quelques jours, le temps d'effectuer le montage des tribunes.

Près du Pont Royal, Benoît Benoudina, talkie-walkie à la main, contrôle un accès au quai où jusqu'à "trente camions" notamment chargés de matériaux destinés aux infrastructures de la cérémonie peuvent passer quotidiennement pour accéder aux bords de Seine.

A l'arrivée d'un semi-remorque blanc, il bondit de sa chaise pour installer deux panneaux jaunes demandant aux cyclistes de mettre "pied à terre".

"La plupart des gens comprennent et patientent. Une personne sur 100 va essayer de forcer le passage", estime M. Benoudina.

Utilisateur quotidien de Vélib', Rémi Guezodjo, 25 ans, affirme ne pas être perturbé par le remue-ménage ambiant.

Il abandonnera en revanche le vélo pendant la compétition. "Je vais prendre le métro pour éviter d'être en retard".

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