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JO à Paris: des laisser-passer plus nombreux pour circuler, dévoile le préfet de police

Le préfet de police Laurent Nuñez, le 5 février 2024 à Paris (JULIEN DE ROSA)
Le préfet de police Laurent Nuñez, le 5 février 2024 à Paris (JULIEN DE ROSA)

Médecins, garde d'enfants ou livreurs: le préfet de police Laurent Nuñez a dévoilé mardi dans un entretien à l'AFP un éventail élargi de laisser-passer dans les périmètres de sécurité et de circulation prévus à Paris pour les Jeux olympiques, même si, a-t-il convenu, la vie ne sera "pas non plus comme avant".

A moins de six mois des JO (26 juillet - 11 août), M. Nuñez a détaillé ces évolutions, arrêtées après une première série de consultations avec riverains et représentants des secteurs d'activités concernés.

Q: "Lors des Jeux, il y aura quatre types de périmètres de sécurité et de circulation autour des sites de compétition. Pouvez-vous rappeler ce dont il s'agit ?

R: Le gris, c'est le périmètre de la compétition. Vous avez autour le périmètre de protection antiterroriste Silt, qui en général correspond au site.

Et vous avez les périmètres de circulation. Le bleu, qu'on ne peut pas traverser en véhicule motorisé, mais où l'on peut rentrer quand on a quelque chose à y faire. Et puis le périmètre rouge, où la circulation en véhicule motorisé est totalement interdite, sauf dérogations. Piétons et vélos circulent librement dans ces deux périmètres.

Q: Vous avez présenté ces périmètres il y a deux mois. Qu'en est-il aujourd'hui ?

R: On a vu énormément de monde, on a reçu beaucoup d'écrits. L'essentiel des discussions portent sur le périmètre rouge: est-ce que je peux entrer en voiture pour aller voir ma grand-mère atteinte d'une pathologie ou rentrer en taxi ? Sur cette base on est en train de remettre à jour nos cartes et nos conditions d'accès.

L'élément important est qu'on a ouvert le champ des possibles en matière de dérogation pour coller au plus près à la réalité de la vie, personnelle et professionnelle, et ne pas paralyser l'activité des gens tout en respectant les règles de sécurité. Les concertations se poursuivent, ça n'est pas arrêté. Ça le sera fin février.

Q: Concrètement, comment cela se passera-t-il pour demander une dérogation ? Vos premières annonces ont créé beaucoup d'inquiétudes.

R: Si on interdit la circulation automobile dans un périmètre rouge, c'est pour protéger les piétons, à la fois d'un accident, évidemment, mais aussi éventuellement d'une voiture bélier.

Au cours des concertations, nous nous sommes rendus compte qu'il fallait qu'on soit plus précis dans la définition des dérogations et qu'il fallait les étendre.

Nous avons aussi acquis la certitude que pour laisser rentrer ces véhicules, on était obligé de recourir à une plateforme numérique, ce qui facilitera les contrôles aux points d'accès. Les gens vont s'inscrire auparavant, produire un certain nombre de justificatifs et on leur délivrera une attestation. Nous, clairement, du côté des forces de l'ordre, nous plaidons pour les QR code.

Q: Toute personne voulant entrer dans ce périmètre rouge devra s'inscrire sur cette plateforme ?

R: Oui, sauf pour les cas d'urgence, qui sont dispensés de demande d'attestation. Si quelqu'un doit faire appel à un serrurier par exemple, ce sera un cas d'urgence, évidemment.

Q: La livraison de colis sera-t-elle possible en zone rouge ?

R: Non, la vie ne continue pas non plus comme avant. La livraison de colis et de repas en véhicule n'est pas prévue mais possible à pied. Sinon tout le monde rentre.

Par contre les personnes vulnérables qui se font livrer des repas à domicile ou qui bénéficient d'aide, oui. On a beaucoup évolué sur tout ce qui est soins. La discussion avec les professionnels de santé nous a permis d'appréhender l'ensemble des personnes qui vont pouvoir rentrer dans la zone pour dispenser des soins.

Q: Quels autres véhicules pourront entrer en zone rouge ?

R: Toutes les catégories de services à domicile, aide à domicile, garde d'enfants. Pour les riverains, on exige qu'ils aient un parking pour qu'ils puissent entrer.

On a élargi la possibilité pour les taxis et les VTC, qui pourront entrer pour déposer ou venir chercher un riverain s'ils justifient d'une réservation.

On a aussi finalement accepté les livraisons de commerce, à condition que ça se passe hors des flux piétons public. Ce n'était pas le cas avant, nous pensions les autoriser seulement la nuit. C'est énorme (comme évolution, ndlr).

Les déménagements seront autorisés également, quand ils ne peuvent pas être reportés. Autre exemple: les véhicules de transport pour les œuvres d'art pour les musées et les maraudes sociales en véhicule seront autorisés. De la même manière, on travaille beaucoup avec les professionnels du bâtiment sur la possibilité de maintenir les travaux immobiliers.

Q: Quelles sont les plus grandes inquiétudes remontées des concertations ?

R: Les deux cas qui inquiètent le plus, ce sont les livraisons et les personnes travaillant dans les périmètres rouges qui ont besoin de s'y rendre en voiture, parce qu'ils travaillent la nuit par exemple. Pour ces travailleurs qui ne peuvent pas faire autrement, on accepte qu'ils rentrent dans le périmètre (ils devront s'inscrire sur la plateforme).

Q: Mettez-vous en garde les usagers de Paris sur une circulation +hardcore+ dans la capitale ?

R: Ça ne pourra pas être comme d'habitude, il y aura des voies réservées, des voies de délestage. Mais le message est qu'on fait tout pour que les circulations automobiles indispensables demeurent."

tll-sc/pa/fio