Jim Morrison aimante toujours au Père Lachaise

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Larmes, vin blanc, joints en douce quand les policiers à proximité tournent le dos: la tombe de Jim Morrison au cimetière parisien du Père Lachaise attire toujours les fans transis, comme samedi, 50e anniversaire de sa mort.

Crise sanitaire oblige, on est loin de l'effervescence de 2011 quand Ray Manzarek et Robby Krieger, ex-claviériste et guitariste des Doors, s'étaient rendus dans ce célèbre lieu de l'Est parisien.

"D'habitude, je retrouve plein de gens, qui aujourd'hui ne sont pas là, des Anglais, des Suédois, à cause du contexte sanitaire", regrette auprès de l'AFP Christelle, assise adossée à un arbre non loin de la stèle du "Roi Lézard".

Cette presque quinquagénaire, comme elle se présente, fait partie de la centaine d'admirateurs de l'icône rock rassemblés en cet après-midi orageux. On la repère facilement: cette francilienne a le plus beau t-shirt de l'assemblée, le visage XXL de Morrison stylisé en couleurs chaudes. "On m'a déjà prise en photo une vingtaine de fois", s'amuse cette "grande fan des Doors" qui vient à "chaque date anniversaire de mort ou de naissance de Jim". Mais "pas tous les ans, seulement les chiffres ronds, 45 ans, 50 ans, etc."

Pour ne pas revivre les débordements de 1991, année de la sortie du film consacré aux Doors par Oliver Stone, la dernière demeure du chanteur est entourée de barrières. Et en ce jour anniversaire, deux paires de policiers viennent empêcher tout départ de fête quand la musique des Doors sortie des téléphones s'intensifie ou que des capsules de bières tombent sur les pierres tombales alentour.

- "Morrison et Rimbaud" -

Un subtil jeu du chat et de la souris s'instaure alors pour allumer des joints ou boire quelques gorgées au goulot en cachette. Zoltan, grand gaillard venu de Budapest, tient une bouteille de vin blanc à la main.

Quand l'AFP l'interroge sur sa présence, il écrase quelques larmes, saisi par l'émotion, avant de se reprendre. "Je suis en plein dans le sujet, j'ai traduit en hongrois un ouvrage américain qui fait le parallèle entre Morrison et Arthur Rimbaud", confie-t-il. "Morrison était coincé dans son personnage rock'n'roll mais il aimait la littérature, il essayait de s'échapper; à 27 ans (âge de sa mort) je n'avais pas fait tout ce qu'il a accompli, j'étudiais à la fac et j'étais loin d'avoir ses connaissances", poursuit-il.

Alors que les fans autour de la tombe font connaissance, il refuse de se mêler du débat "comment est mort Jim ?" Officiellement d'un arrêt cardiaque dans son appartement du Marais, même si ces dernières années la thèse d'une overdose dans une boîte de nuit, le "Rock'n'Roll Circus", prend de l'ampleur avec livres et interviews alimentés par des témoins de l'époque. "Peu importe, ce qui compte c'est son œuvre et ses performances sur scène", insiste le quadragénaire, venu avec femme et enfants pour cinq jours à Paris.

- "La légende continue" -

Fred Verheijden, septuagénaire, est venu des Pays-Bas avec un ami. Tous deux sont vêtus de T-shirts spécialement imprimés pour le pèlerinage à Paris, avec "Old rockers never die" au dos ("Les vieux rockers ne meurent pas").

Eux ont une particularité: ils s'intéressent au club des 27, ces stars mortes à cet âge. Il y a deux ans, ils s'étaient ainsi rendus sur la tombe de Brian Jones, membre fondateur des Rolling Stones, également décédé un 3 juillet, en 1969.

"Ici, à Paris, c'est différent que ce qu'on a vécu en Angleterre autour de la tombe de Brian Jones. Ici on a rencontré des gens d'Italie, d'Allemagne, l'atmosphère est incroyable", se réjouit auprès de l'AFP Fred Verheijden, qui fait tourner des jeunes musiciens dans son pays.

Et de montrer une autre inscription sur son T-shirt: "On a choisi +Light my fire+ ("Allume moi") comme titre des Doors pour baptiser ce voyage à Paris, on n'a pas pris +The end+ ("La fin"). Car, comme vous le voyez, avec tous les gens ici, la légende de Morrison continue".

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