Jim Morrison: 50 après sa mort, sa tombe aimante toujours les foules au Père-Lachaise

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Mort le 3 juillet 1971 à Paris, le chanteur Jim Morrison enterré au Père-Lachaise reste une des principales attractions du cimetière.

De son vivant, il aimait se promener dans les allées ombragées aux pavés irréguliers du Père-Lachaise, rendre visite à Oscar Wilde en lisant Rimbaud et Verlaine. Cela fait aujourd'hui cinquante ans que le chanteur américain Jim Morrison repose là, division 6, rangée 2, allée 5. 

Et si le 7 juillet 1971, il n'y avait que cinq personnes, dont la cinéaste Agnès Varda, proche du chanteur, pour assister à son inhumation, la tombe de Morrison est devenue au fil des années une des plus visitées du Père-Lachaise. 

Chewing-gums et baisers

Comme chaque année à cette date anniversaire, il y aura donc des fans, mais aussi "des équipes qui surveilleront", nous indique Sylvain École, Chef du service des cimetières parisiens. Car la tombe de Jim Morrison attire "des gens aux idées bizarres". 

Il a ainsi fallu, au fil des décennies, effacer les graffitis sur la tombe de Morrison, et les sépultures voisines, protéger de canisses un arbre recouvert de chewing-gums, et disposer des barrières pour éviter que les visiteurs ne s'assoient sur la tombe ou y déposent des bouteilles et autres offrandes. 

Les fans se consolent désormais en posant des cadenas sur les barrières métalliques. "Il y a un côté rituel, les tombes des gens célèbres suscitent des comportements moutonniers", commente Sylvain École, évoquant la tombe d'Oscar Wilde, couverte de traces de rouge à lèvres, et qu'il a fallu entourer d'une vitre. Aujourd'hui, les visiteurs embrassent la vitre.

Jim Morrison suscite ce genre de réactions, pour plusieurs raisons. Son jeune âge - il fait partie du célèbre "club" des rockstars mortes à 27 ans - sa réputation sulfureuse, sa beauté aussi, ont contribué à créer le mythe. D'autant que les véritables circonstances de sa mort, le 3 juillet 1971, restent floues. Il en existe même plusieurs versions. 

Mort mystérieuse

Selon la version officielle, Jim Morrison est mort dans sa baignoire, d'un arrêt cardiaque. Sur la façade, une feuille de papier collée en hauteur indique pourtant en anglais que "Jim Morrison n'est pas mort ici". Car depuis quelques années, une autre musique se fait entendre. 

Le journaliste et écrivain Sam Bernett affirme dans ses livres que l'icône rock a fait une overdose dans les toilettes d'une boîte de nuit parisienne, le "Rock'n'Roll Circus", dont il était le gérant. 

"Son visage était gris, les yeux fermés, il y avait du sang sous son nez, une bave blanchâtre comme de l'écume autour de la bouche légèrement ouverte", écrit-il dans Jim Morrison, la vérité (éd. du Rocher).

Marianne Faithfull assure même dans une interview à Mojo que c'est Jean de Breteuil, dealer des stars et son petit ami de l'époque, qui lui avait fourni la dose fatale.

Si Morrison était à Paris, c'est qu'il avait rejoint, le 17 mars 1971, sa compagne Pamela Courson, héroïnomane notoire. Fuyant les Etats-Unis et un procès pour "comportement indécent" et "ivresse sur la voie publique", il vit d'abord à l'hôtel George V, puis dans un appartement au 17 rue Beautreillis, dans Le Marais. En rupture avec les Doors, il veut se remettre à l'écriture. 

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S'il est enterré au Père-Lachaise, assure le guide-conférencier Thierry Le Roi, c'est non seulement parce qu'il appréciait le lieu, mais aussi parce que rapatrier sa dépouille dans son pays natal aurait été "contraire à l'état d'esprit dans lequel il était". C'est sa compagne Pamela Courson qui a décidé de le faire enterrer là, puisque l'artiste était en mauvais termes avec sa famille et son groupe. L'emplacement est choisi à l'écart, non pas en bordure d'allée, mais au milieu d'autres tombes, peu accessibles. Ce qui la rend bien difficile d'accès pour les visiteurs. 

Sur la tombe, un simple bloc de granite, une inscription en grec ancien intrigue. Elle signifie "Tu es fidèle à tes démons", ou "Tu es là à cause de tes démons", souligne Thierry Le Roi. C'est le père de Jim Morrison, un officier de la Navy, avec qui le chanteur ne s'entendait pas, qui l'a fait poser, dix ans après sa mort. Pour le guide-conférencier, c'est là une "reconnaître sinueuse du talent de poète de son fils".

Rumeurs post-mortem

Si la mort de Morrison est nimbée de mystère, son existence post-mortem s'accompagne aussi de rumeurs. La principale veut que sa tombe soit vide. "Il est là !" assure Sylvain École, assez amusé de cette légende urbaine. Il est même encore là pour un moment, puisqu'il occupe une "concession perpétuelle". 

Thierry Le Roi souligne, lui, que les visites se sont "un peu calmée depuis une trentaine d'années", mais que la tombe attire toujours beaucoup de touristes étrangers. "On y entend toutes les langues de la planète!", témoigne-t-il.

Pour l'ancien guide Alain Bauer, "les jeunes ne connaissent plus Jim Morrison. C'est devenu une légende. On connaît la légende, mais pas le personnage, ni son œuvre". 

Article original publié sur BFMTV.com

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