Et si les jeux vidéo ne réduisaient plus les animaux à des trophées de chasse ?

Ustwo games/Plug In Digital via IGDb

“Arthur sort avec précaution une flèche de son carquois, l’encoche sur l’arc, puis tend lentement la corde. Il se concentre pour tuer proprement, en touchant le cerf de Virginie en plein cœur.” Le protagoniste de Red Dead Redemption 2, ainsi décrit par Eurogamer, n’est que l’un des innombrables chasseurs, acharnés ou dilettantes, qu’offre l’univers des jeux vidéo.

Cela dit, pour le chroniqueur du site spécialisé britannique, la superproduction des studios Rockstar, sortie en 2018, se distingue par le soin méticuleux dévolu à la création de sa faune de pixels. Le jeu “a constitué une révolution pour moi, car c’est le premier jeu en monde ouvert où les animaux et l’écosystème semblent réels”, écrit-il.

Chasser et manger

“J’ai passé des heures à traquer des animaux, à mourir dans des embuscades dressées par des meutes de loups, à courir bêtement vers les mâchoires d’un crocodile ou à me tenir au bord d’une falaise pour essayer de localiser un aigle à tête blanche insaisissable”, poursuit-il. Tout cela “dans le but de venir à bout de l’encyclopédie très complète”, un recueil fourni dans le jeu qui recense tous les animaux rencontrés.

L’envers de la médaille, c’est que le réalisme s’applique à toutes les étapes de la chasse. Ainsi, “la quantité de détails fournis lors du dépouillement des bêtes rend de telles scènes désagréables à regarder, en particulier pour les gros animaux, dont l’écorchage prend davantage de temps”.

De manière générale, dans des licences comme Assassin’s Creed, Zelda voire Minecraft, les exemples ne manquent pas d’animaux présentés uniquement comme un danger ou une ressource, pour la nourriture mais pas seulement. “Les jeux en monde ouvert sont bien obligés de restreindre la manière dont les joueurs peuvent interagir avec leur univers. C’est pourquoi la plupart des interactions avec les animaux tournent autour de la chasse, la nature prenant l’allure d’une marchandise à exploiter à notre avantage.”

Harmonie et conservation

Pour autant, Eurogamer veut croire que la tendance est à remettre en question cet état de fait. Si le compagnon animal est une figure récurrente des jeux à gros budget, la plupart du temps il est limité à la race canine ; des exceptions et une diversification commencent à se faire sentir. Par exemple avec la franchise Far Cry : son cinquième volet proposait de se lier d’amitié avec le grizzly Cheeseburger, et son récent sixième volet introduit Guapo le crocodile.

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