Jeux vidéo : l’Académie française veut corriger les gameurs

NICOLAS GUYONNET / Hans Lucas via AFP

Dans l’Hexagone, on emploie des mots bien français pour dire (par exemple) qu’on utilise “une souris sur un ordinateur qui recèle de nombreux logiciels”. Dans d’autres pays non anglophones, par contraste, on reprend sans les traduire les termes anglais correspondant : “mouse”, “computer”, “software”. Mais le domaine du jeu vidéo reste à part en France, avec ses “e-sport”, “streamer” et autres “free to play” qui parsèment les conversations des pratiquants.

Pour y remédier, une commission d’enrichissement de la langue française, à laquelle participe le ministère de la Culture, a édicté, le 29 mai, une liste de termes que les autorités publiques seront désormais tenues d’employer pour éviter tout anglicisme, rapporte Radio-Canada. “Cette ligne directrice, publiée dans le Journal officiel en France, s’inscrit dans un effort de l’Académie française de freiner la dégradation de la langue de Molière dans plusieurs secteurs.” Les Immortels (qui ne comptent parmi eux aucun linguiste) sont en effet impliqués : ils ont validé l’ensemble des propositions de la liste.

Une “bataille séculaire”

L’initiative n’est pas passée inaperçue pour The Verge, qui la qualifie avec ironie de “dernière escarmouche dans la bataille séculaire de l’Académie pour préserver la pureté de la langue française, en particulier des toxines anglaises”. Et de donner quelques exemples parmi les plus frappants, comme le terme “e-sport” remplacé par “jeu vidéo de compétition”, ou bien streamer par “joueur-animateur en direct”. Comme de nombreux médias étrangers, le site américain spécialisé dans la tech se fait l’écho d’une dépêche de lAgence France-Presse (AFP), qui a interrogé le ministère sur les motivations de cette liste. L’usage de termes anglais constitue, aux yeux des autorités, “une barrière pour la diffusion et la compréhension [de cet univers] par les non-pratiquants”.

Elles se veulent également rassurantes, rappelant que l’obligation ne concerne que les agents des services publics et les textes officiels. Elles affirment, en outre, que “les experts essaient de regarder s’il existe déjà un terme français qui circule, sur les sites de jeu vidéo ou les revues spécialisées [afin de] choisir une traduction qui a déjà un début d’usage”.

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