Jeux paralympiques 2021: la fierté des joueuses rwandaises en volley-ball assis

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Ce mercredi 1er septembre, l’équipe rwandaise de volley-ball assis féminin a joué son dernier match de poules face à la Chine en perdant 3 sets à 0. Face au Comité paralympique russe et aux États-Unis, elles n’avaient pas non plus eu l’occasion de rivaliser. Mais cette expérience à Tokyo restera dans toutes les têtes. Après Rio en 2016 et Tokyo, chacune d’entre-elles rêve désormais de Paris 2024.

De notre envoyé spécial à Tokyo,

Aujourd’hui, ce sont les féminines, double championnes d’Afrique en titre, qui ont représenté le continent africain au volley-ball assis, au centre de convention Makuhari-Messe à Chiba, à l'est de Tokyo. Les Rwandaises avaient obtenu leur place en remportant les derniers championnats d'Afrique à domicile, à Kigali.

Un championnat de volley-ball assis féminin au Rwanda

Au Japon, la formation a malheureusement perdu tous ses matches de poules : face au Comité paralympique russe, aux États-Unis et à la Chine. Difficile de rivaliser avec les championnes en titre que sont les américaines, qui ont remporté le volley-ball assis pour la première fois à Rio 2016 en renversant en finale la Chine triple championne paralympique.

« La Chine est une grande nation et c’était compliqué d’obtenir une victoire. Mais nous sommes heureuses de voir que nous progressons et nous allons continuer pour être à Paris en 2024. Cette expérience est précieuse pour nous », dit avec timidité la joueuse Carine Kwizera. De quoi oublier la grisaille et la pluie dans la capitale nipone. Le volley-ball assis est présent aux Jeux paralympiques d'été pour les hommes depuis les Jeux de 1976 à Toronto, au Canada. Les femmes ne concourent que depuis 2004.

Au Rwanda, le volley-ball assis féminin a débuté il y a environ dix années avec l’instauration d’un championnat. Aujourd’hui, douze équipes se rencontrent sur tout le territoire. À Kigali, il y a trois clubs principalement soutenus par les autorités locales. « C’est souvent grâce à l’appui du gouvernement et des villes que les clubs arrivent à obtenir des subventions. On travaille actuellement à la recherche de sponsors privés », raconte Jean-Marie Nsengiyuva, coach de l’équipe nationale.

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Aider les personnes handicapées à s’intégrer dans la société rwandaise

Pour une question d’inclusion, les équipes de volley-ball assis au Rwanda acceptent une personne sans handicap. « C’est une façon de laisser l’opportunité au public de côtoyer les personnes atteintes de handicap et de leur montrer qu’elles sont capables de beaucoup de choses. C’est ce que le sport permet. Avoir un enfant handicapé, ce ne doit pas être une fatalité. Il faut faire passer ce message dans le pays. Par le sport, on essaye d’aider les personnes handicapées à s’intégrer dans la société », explique avec conviction Jean-Marie Nsengiyuva.

Dans l’équipe actuelle du Rwanda, une athlète a été amputée après avoir reçu une balle durant le génocide. D’autres n’ont pas été bien traitées médicalement après une blessure qui, à la longue, a dégénéré. « Parfois, dans une famille pauvre, on imagine que c’est bénin. Finalement, on se retrouve dans l’obligation d’amputer », se désole Jean-Marie Nsengiyuva.

Encore une rencontre avant de quitter le Japon

Au Royaume-Uni, onze hommes avaient montré au monde entier que le sport peut effacer les différences. Les membres de l'équipe de volley-ball assis de ce pays d'Afrique de l'Est avaient écrit l'un des moments forts des Jeux paralympiques de Londres 2012. Composée de deux athlètes amputés hutus et tutsis, la formation rwandaise était devenue la première équipe de volley-ball assis d'Afrique subsaharienne à se qualifier pour les paralympiques.

Au volley-ball assis, une rencontre se joue à six contre six au meilleur des cinq sets. Pour la remporter, il faut atteindre 25 points, et 15 dans la cinquième manche, avec deux points d’écart. Les règles sont sensiblement les mêmes que pour le volleyball valide, mais le terrain est plus petit, et le filet, plus bas. En volley-ball assis, il est possible de contrer le service, ce qui n’est pas le cas en volley valide. Pour se déplacer, les athlètes doivent glisser sans quitter leur position assise, et ont l’obligation de maintenir le contact avec le sol.

« Elles me disent toutes qu’elles sont très heureuses d’être venues ici et d’avoir représenté le continent africain », conclut Jean-Marie Nsengiyuva. Il reste un match de classement aux joueuses rwandaises avant de quitter le Japon.

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