Jeux paralympiques 2021: bilan modeste pour le continent africain à Tokyo

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Le continent africain a encore du chemin à faire pour briller lors des Jeux paralympiques. Même si pour la première fois, quarante-neuf pays diffusent la compétition. À Tokyo, à la veille de la cérémonie de clôture, beaucoup de nations africaines n’ont pas réussi à faire mieux qu’à Rio. Le Nigeria, l’Afrique du Sud ou l’Égypte ont déçu. L’Algérie et la Tunisie s’en sortent bien.

De notre envoyé spécial au Japon,

Si pour la première fois près de 250 millions de téléspectateurs africains avaient la possibilité de suivre gratuitement les Jeux paralympiques de Tokyo à la télévision, le continent à fait moins bien qu’il y a cinq ans à Rio.

« C’est important de faire découvrir les Paralympiques. Ceux qui regardent la télévision et qui sont en situation de handicap pourront se dire qu’ils ont aussi la possibilité de se mettre au sport. Nous travaillons toujours au développement des Jeux paralympiques sur le continent africain et les images télévisées y contribuent », explique à RFI Craig Spence, porte-parole du Comité international paralympique. « En 2021, pour des millions de personnes en Afrique, ce sera la première fois qu'elles verront un sport paralympique », s'enthousiasmait avant l'ouverture des Jeux paralympiques Andrew Parsons, président du CIP.

Une concurrence de plus en plus élevée

Mais cela suffit-il à rattraper le retard pris sur les autres continents ? Même si la pandémie de coronavirus a certainement changé la donne, les Jeux paralympiques sont désormais sur de bons rails et les performances montrent que les athlètes handicapés ont un niveau d’exigence en termes d’entraînement, de diététique, ou de récupération égal aux valides. La concurrence est de plus en plus élevée, et les pays riches investissent désormais plus d’argent entre deux olympiades.

En 2016, à Rio de Janeiro, l’Afrique avait obtenu 99 médailles, dont 36 en or. Le Nigeria, la Tunisie, l’Afrique du Sud, l’Algérie et l’Égypte avaient principalement contribué à cette moisson avec 76 récompenses.

Cinq années plus tard, une grande partie des pays qui composent le continent a du mal à envoyer un nombre d’athlètes conséquents et performants. « Avoir un enfant handicapé, ce ne doit pas être une fatalité. Il faut faire passer ce message dans le pays. Par le sport, on essaye d’aider les personnes handicapées à s’intégrer dans la société », racontait à RFI Jean-Marie Nsengiyuva, coach de l’équipe du Rwanda de para volley assis.

Les femmes maghrébines à la fête

À Tokyo, la championne paralympique tunisienne Raouaa Tlili a remporté la médaille d'or du lancer du disque, en réalisant un jet de 31,91 mètres, battant par la même occasion le record mondial et paralympique dans cette catégorie. Au Japon, elle avait obtenu sa première médaille d’or au lancer du poids, battant également un nouveau record du monde 10m55.

Pourtant, peu de temps avant de partir pour le pays du Soleil Levant, Raouaa Tlili n’avait pas hésité à tacler les autorités tunisiennes en dénonçant le manque de moyens mis à la disposition des athlètes paralympiques de son pays. À Londres en 2012, la Tunisie avait devancé la France en termes de médailles d’or, neuf contre huit.

La délégation algérienne pourra rentrer au pays l’esprit tranquille avec quatre médailles d’or. Contrairement à l’équipe des JO restée bredouille, les athlètes paralympiques ont tenu leur rang.

À titre d’exemples, Cherine Abdelaoui a été sacrée championne paralympique en judo (-52 Kg). Safia Djelal, médaillée d’or des Jeux paralympiques d’Athènes 2004 au lancer du javelot (F56-58 femmes), a réussi à renouveler l’exploit à Tokyo 2020 dans une autre discipline, le lancer du poids. Aux Paralympiques, cette athlète de renom fait depuis longtemps partie des meilleures championnes d’Algérie en para athlétisme, atteignant régulièrement les podiums des compétitions internationales.

Chez les hommes, Skander Djamil Athmani a signé le nouveau record du monde en 400 m dans la catégorie T13 (mal voyant) avec un chrono de 46"70 pour s'adjuger une médaille d'or. Il avait déjà décroché l’argent sur 100 m.

Le Maroc compte trois médailles d'or, avec notamment Zakariae Derhem en lancer du poids.

Où est passée l’Afrique du Sud ?

Pour l’Afrique du Sud, c’est carrément la dégringolade. On est très loin des 21 médailles d’or de Pékin en 2008 qui avait placé le pays à la sixième place mondiale. À la veille de la cérémonie de clôture, les Sud-Africains plafonnent à 4 médailles d’or. La Nation arc-en-ciel a présenté la plus petite délégation pour la compétition depuis Barcelone 1992 avec 34 athlètes.

L’Afrique de l’Ouest et Centrale rentrera sans aucune distinction. À Rio en 2016, seule la Côte d’Ivoire avait obtenu une médaille d’argent. À Londres en 2012, ce fut aussi un zéro pointé. La progression est au point mort.

Trois médailles d’or du Nigeria ont été glanées en powerlifting et une au lancer de javelot féminin. Un bilan famélique par rapport aux 12 breloques, dont 8 en or de Rio 2016. À l’époque, les Nigérians avaient terminé premiers du tableau africain des médailles. Ils occupaient la 17e place mondiale. « Avec la pandémie de coronavirus, nous sommes venus avec moins d’athlètes. Je crois que le résultat est quand même à la hauteur de nos attentes », estime un journaliste nigérian. Quant aux Égyptiens, ils n’auront pas eu l’occasion de goûter à l’or au Japon.

À la veille de la cérémonie de clôture, avec 57 médailles au total, le continent africain est largement en deçà de ses dernières performances avec pratiquement deux fois moins médailles qu’à Rio en 2016. En 2004, Athènes avait été la meilleure moisson du continent depuis le début des années 2000 avec 117 médailles au total.

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