Jeux méditerranéens 2022: presque un «mini-championnat du monde» de cyclisme sur route à Oran

© Farid Achache

La course cycliste sur route hommes s'est déroulée ce samedi 2 juillet à Oran sur un parcours d'environ 150 kilomètres. La France a trusté le podium. Paul Penhoët a remporté l'épreuve devant Ewen Costiou et Valentin Retailleau. Les coureurs algériens qui voulaient briller à domicile n'ont pas pesé sur le déroulement de la course.

De notre envoyé spécial à Oran,

Une légère bise, du brouillard marin et pas de chaleur pour débuter la matinée. À Oran, le peloton de la course cycliste hommes a profité de conditions optimales pour se lancer à l’assaut du titre de champion méditerranéen promis à un sprinteur au bout des 150 kilomètres. Évidemment, le public a le regard porté sur l’équipe d’Algérie, qui a préparé l’événement avec un stage de trois semaines en Belgique et plusieurs courses au programme.

« J’aime beaucoup la gentillesse des Oranais »

« Nous sommes attendus et nous avons évidemment la pression. Mais c’est formidable d’évoluer à domicile devant son public. Et moi, j’aime beaucoup la gentillesse des Oranais », raconte, un peu tendu, Azzedine Lagab. À 35 ans, le quadruple champion d’Algérie sur route est un des piliers de la sélection algérienne.

Youcef Reguigui, coureur professionnel dans une équipe de Malaisie qui compte deux participations au Tour d'Espagne, se félicite de pouvoir participer à la fête en tant que leader de l'équipe.

À Oran, ce sont un peu les meilleures nations du cyclisme qui sont rassemblées. D’ailleurs, les Espagnols comptent dans leur sélection cinq futurs coureurs professionnels. Mais l’équipe ibérique est diminuée par des cas de Covid-19 et de gastro-entérite.

Comme sur les classiques belges, jouer avec le vent

Pour la France, au moins trois participants ont déjà signé un contrat qui débute le 1er août. Même la Slovénie de Tadej Pogaçar et de Primoz Roglic, tous les deux actuellement sur le Tour de France, est présente. L’Italie et le Portugal, autres nations importantes du cyclisme, prennent part à la course.

« Ce sont les jeux chez nous et on veut une médaille. Ce n’est pas facile. Ici, il manque juste quelques pays comme la Belgique, la Colombie ou la Grande-Bretagne pour faire un championnat du monde », commente Hakim Hamza, l’entraîneur de l’équipe algérienne. Pas très loin, le diététicien de l’équipe de France donne ses derniers conseils pour bien gérer les moments de ravitaillement à ses coureurs. Tous les détails comptent dans le cyclisme actuel. Y compris jouer avec le vent qui s'est levé et a fait des dégâts.

« Ils méritent ce résultat, ils ont pris la course en mains très rapidement, ils nous ont mis dans le vent », raconte le coureur monégasque Antoine Berlin, qui souligne la ferveur du public tout le long du parcours.

Pour l’Algérie, c’est un peu la soupe à la grimace. Lucide, Azzedine Lagab avoue que les Tricolores étaient trop forts. « On a fait le maximum, on voulait voir la nouvelle génération briller. On apprend tous les jours, et il faudra en tirer les leçons. C’est difficile de rivaliser avec les coureurs européens », dit-il.

Ce qui n’a pas empêché le public algérien de se masser autour de ses athlètes pour faire des photos et les féliciter dès la ligne franchie. « Nous ne sommes pas venus pour rien », lâche le vainqueur du jour en guise de conclusion.