Jeux méditerranéens 2022: l’escrime française affûte ses armes à Oran

AFP - PETER KOHALMI

À Tokyo, les escrimeurs français se sont distingués avec deux titres olympiques à l’épée et au fleuret. À deux années de Paris 2024, Hugues Obry, entraîneur de l’épée avec les hommes, nous parle de ce passage aux Jeux méditerranéens et des ambitions françaises pour briller à domicile.

De notre envoyé spécial à Oran,

Après cinq ans en Chine, Hugues Obry, médaillé d’or par équipe aux JO d’Athènes en 2004, a fait son retour en France. Comme entraîneur, il avait déjà mené les Tricolores jusqu’à Rio 2016. Quatre ans après le zéro pointé de Londres 2012, les tireurs français avaient redressé la barre au Brésil avec trois médailles, dont une d’or à l’épée par équipe.

Un groupe solide pour Paris 2024

« J’ai beaucoup appris en Chine, avec une culture de la gagne où seule la médaille d’or compte. Je me sens meilleur aujourd’hui et faire les JO en France, c’était un rêve. J’ai un groupe solide et on s’est fixé le cap de deux médailles d’or à Paris », annonce Hugues Obry. L’escrime reste la discipline qui a rapporté le plus de médailles à la France sur l’ensemble des Jeux olympiques modernes (123).

« Les Jeux méditerranéens sont intéressants, car cela permet à nos seconds couteaux de participer au projet de Paris 2024. Je veux voir leur comportement lorsqu’il y a des médailles à aller gagner. Avec les Championnats du monde qui arrivent (du 15 au 20 juillet 2022 au Caire), c’est un été très riche qui va nous permettre de passer des étapes », se félicite Hugues Obry qui pointe notamment la bonne santé de l’escrime égyptien pour le continent africain (voir encadré).« C’est une équipe très jeune qui monte. Ceux qui sont à Oran seront aussi aux championnats du monde. Ils font des résultats au-delà du continent africain. Attention à eux et aussi aux athlètes turcs », indique Hugues Obry.

Fidéliser le public français entre deux olympiades

« C’est un peu difficile à expliquer, mais l’escrime est un sport qui intéresse beaucoup les Français au moment des JO. Mais on a du mal à fidéliser les gens pour les faire regarder autre chose que les JO. On ne se bat pas pour la notoriété, mais si on nous regarde, c’est encore mieux », dit Hugues Obry. Depuis Tokyo l’été dernier, la Fédération française d’escrime a enregistré 15% de licenciés supplémentaires. « Il faut utiliser les Jeux pour avoir plus de pratiquants, mais aussi trouver d’autres formes de communication pour les faire venir entre deux olympiades ».

« Les Jeux méditerranéens sont un événement que je veux utiliser comme une rampe de lancement », avoue Daniel Jérent, médaillé d’or à Rio sous la houlette de Hugues Obry. Victime d’un accident de la route en avril 2020 avec une double fracture du fémur, le Guadeloupéen se félicite de se retrouver dans l’ambiance des Jeux méditerranéens après des mois difficiles. « Cela me rappelle un peu Rio 2016 avec le village olympique. C’est un peu mes "petits JO" à moi. Je commence déjà à penser à Paris et je ne veux pas louper l’évènement. Quand on a goûté à la victoire, à toute l’effervescence qu’il y a autour des JO, on veut évidemment recommencer. On est capable de gagner à la maison », espère Daniel Jérent.

Surtout, il se dit « heureux » de retrouver Hugues Obry. « Le phénomène est de retour, avec sa rigueur et son esprit de groupe. Il nous aide à nous dépasser. Au moment des Jeux, nous sommes un sport respecté et il faut en profiter », conclut Daniel Jérent.

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