Pour la jeunesse d'Algérie et de France, il faut des actes concrets de réconciliation

Dominique Sopo
BLOG - Pour la jeunesse d'Algérie et de France, il faut des actes concrets de réconciliation.

Messieurs les Ministres,

Aujourd'hui, nous savons. Le mardi 17 octobre 1961 à Paris, la police française réprimait une manifestation d'Algériens qui, bravant le couvre feu auquel ils étaient soumis, manifestaient pour le droit à l'indépendance.

Arrêtées, frappées à terre, jetées dans la Seine, plus d'une centaine de personnes furent assassinées.

Longtemps, ce massacre a été occulté.

Ce ne fut pas le seul. Le 8 mai 1945 et les jours qui suivirent, le pouvoir colonial français arrêtait, bombardait, tuait des milliers d'Algériens qui, inspirés par la toute fraîche victoire de la liberté, réclamaient la leur.

Cette date marque le début "d'événements", puis d'une guerre qui de 1954 à 1962 devait séparer nos deux pays, emportant tant de vies sous le rouleau compresseur des bombardements, des attentats, de la torture, des enlèvements, des camps, des assassinats, des ratonnades et de l'exil.

Ce fut une guerre d'une grande violence, nourrie par l'attachement narcissique à l'Empire, le racisme colonial, et une soif de liberté et d'autodétermination d'un peuple colonisé.

Nous portons toujours, collectivement et individuellement, les stigmates de ce conflit ravageur. Le 15 février dernier, candidat en déplacement en Algérie, le nouveau Président de la République française qualifiait la colonisation de "crime contre l'Humanité". Au-delà des débats sur la validité juridique de cette expression utilisée pour qualifier l'abomination du colonialisme, les réactions violentes qu'elle provoqua en France témoignent bien "d'une névrose française". Cette agressivité et cette incapacité à parler du passé sont le fruit d'un silence et de mémoires conflictuelles, trop longtemps entretenus. Des blessures non soignées, legs des violences et des exils, continuent de miner le corps social. Elles poussent nombre d'entre nous vers la haine et le racisme et nous empêchent tous de respirer.

Mais nous sommes aussi cette France métissée et cette Algérie qui, dans sa diversité, souhaitons aujourd'hui...

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