Jeunesse, énergie, mémoire... La France et l'Algérie "inaugurent une nouvelle ère"

Les présidents français Emmanuel Macron et algérien Abdelmadjid Tebboune ont signé, samedi à Alger, une déclaration commune pour "une dynamique irréversible" dans leurs relations, soixante ans après l'indépendance.

Pour l'Algérien Abdelmadjid Tebboune, la visite d'Emmanuel Macron était "excellente et réussie". Les présidents algérien et français ont signé samedi 27 août, à Alger, une déclaration commune appelant à une "nouvelle dynamique irréversible" dans les relations bilatérales, soixante ans après la fin de la guerre d'Algérie.

Les deux dirigeants ont ensuite dit quelques mots à la presse. Abdelmadjid Tebboune a salué une visite ayant "permis un rapprochement qui n'aurait pas été possible sans la personnalité même du président Macron".

Selon le chef de l'État algérien, qui s'est exprimé en français, les deux pays vont également "agir ensemble dans beaucoup de domaines en dehors de l'Algérie et la France". "Ce rapprochement va nous permettre d'aller très très loin."

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Abdelmajid Tebboune a mentionné la réunion de très haut niveau qui a réuni à Alger vendredi les présidents et les services de sécurité des deux côtés, y compris l'armée, "pour la première fois depuis l'indépendance" de l'Algérie en 1962, annonçant des actions communes "dans l'intérêt de notre environnement géopolitique".

"Dialogue permanent sur tous les sujets"

Pour "rehausser leurs concertations politiques", Paris et Alger vont instaurer un "Haut conseil de coopération" au niveau des chefs d'État, afin "d'approfondir dans un esprit de confiance et respect mutuels, des réponses adaptées aux questions bilatérales, régionales et internationales", prévoit la Déclaration d'Alger.

Selon ce texte, ce "nouveau partenariat privilégié" est "devenu une exigence dictée par la montée des incertitudes et l'exacerbation des tensions régionales et internationales"

"Il fournit un cadre pour concevoir une vision commune et une démarche étroitement concertée pour faire face aux nouveaux défis globaux (crises globales et régionales, changement climatique, préservation de la biodiversité, révolution numérique, santé...)", peut-on lire dans la Déclaration.

Pour Emmanuel Macron, la Déclaration d'Alger va permettre de faire en sorte que "l'intimité se renforce en ayant un dialogue permanent sur tous les sujets. Y compris les sujets qui nous empêchaient d'aller de l'avant, car ils revenaient sans cesse, la mémoire par exemple."

La question mémorielle autour de la colonisation française (1830-1962) avait provoqué une grave brouille entre les deux pays à l'automne dernier.

La commission mixte d'historiens décidée pendant la visite d'Emmanuel Macron pour aplanir les dissensions et affronter "avec courage" le passé, selon les mots du président français, "pourrait être installée dans les 15 à 20 jours qui suivent", a annoncé Abdelmajid Tebboune.

Visite à Oran

Plus tôt samedi, au dernier jour de sa visite en Algérie, le président français, Emmanuel Macron, a visité un sanctuaire chrétien.

Le cortège du chef de l'État a ensuite grimpé jusqu'au fort de Santa Cruz sur les hauteurs d'Oran (ouest), découvrant une vue plongeante sur la baie de la deuxième ville d'Algérie, baignée par la Méditerranée. La chapelle attenante, lieu de pèlerinage très prisé durant la colonisation française (1830-1962), reste un lieu de recueillement, et de promenade pour les Algériens.

Emmanuel Macron a rejoint ensuite la petite boutique du label Disco Maghreb, emblématique du raï, courant musical très populaire dans les années 1980, remis au goût du jour par le dernier morceau de DJ Snake.

En bras de chemise et verre de thé à la main, il a discuté avec le patron du label, Boualem Benhaoua, 68 ans, qui lui a annoncé que "de nouveaux talents seraient prochainement enregistrés dans un studio du bord de mer". En sortant, il s'est réjoui qu'Oran et Disco Maghreb soient "encore l'épicentre du raï, d'une culture populaire, d'immenses d'artistes", avant de s'offrir un bain de foule impromptu.

L'ambiance était chahutée et le bain de foule a été écourté, des policiers empêchant les curieux de s'approcher du président français. Sur des images diffusées par l'Élysée, on voit des gens lui lancer tout sourire "bonjour" ou brandir un téléphone pour un selfie.

Avec AFP