Un jeune Havrais condamné à quatre mois ferme après avoir appelé à tuer des députés

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(Photo d'illustration) - AFP
(Photo d'illustration) - AFP

Un jeune homme de 19 ans a été condamné mercredi par le tribunal correctionnel du Havre à quatre mois de prison ferme pour avoir appelé sur un forum internet à tuer des députés, menaçant également de le faire lui-même.

"Je veux tuer un député. Je veux voir du sang (...) Ces gens doivent mourir (...) Ils s'en foutent de notre liberté. La seule solution, c'est de les buter", a posté le Havrais le 2 janvier. "J'ai une liste de députés prioritaires à tuer. Moi ça me ronge de les savoir en vie".

Une peine moins sévère que les réquisitions

Le tribunal l'a condamné à dix mois de prison, dont six avec sursis, avec interdiction de détenir une arme pendant cinq ans.

Une condamnation moins sévère que les réquisitions du procureur de la République, Cyrille Fournier, qui avait réclamé douze mois de prison, dont six avec sursis, avec mandat de dépôt.

Le jeune homme a expliqué à la barre avoir copié "sans réfléchir" un message trouvé sur le "dark web" et l'avoir posté sur le forum avenoel.org "pour troller", c'est-à-dire selon lui pour "s'amuser" et "provoquer des réactions". Le dark web, ou web clandestin, est une version parallèle d'internet où l'anonymat des utilisateurs est protégé.

"Je ne ferai pas de mal à une mouche"

L'avocat de l'Assemblée nationale, Me Ali Derrouiche, a demandé au prévenu si son message avait un rapport avec le débat sur le pass vaccinal prévu le lendemain du post.

"Je ne suis pas la politique", a répondu le prévenu. Le jeune homme, en bac +2, a assuré avoir réalisé la gravité de son geste en garde à vue. "Je ne ferai pas de mal à une mouche", a souligné cet amateur de jeux vidéos qui veut devenir policier a précisé le président du tribunal. Le jeune homme avait un pistolet à son domicile, par crainte selon lui de représailles, son frère ayant des "soucis".

"Il a sorti du dark web un message pour le poster sur un site où la modération est plus souple", a souligné le procureur dans ses réquisitions dénonçant "un message d'une extrême violence qui vise à porter atteinte au fonctionnement de la démocratie".

"C'est effrayant. Le message a été diffusé auprès d'un large public", même s'il a été supprimé au bout de dix minutes, s'est inquiété Me Ali Derrouiche, estimant la condamnation de "sévère et juste". La peine ferme sera purgée au domicile de son père où il vit, avec un un bracelet électronique.

Article original publié sur BFMTV.com

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