Jeune, en forme et non fumeur : Macron devrait surmonter la maladie sans encombre

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JEUNE, EN FORME ET NON FUMEUR : MACRON DEVRAIT SURMONTER LA MALADIE SANS ENCOMBRE

PARIS (Reuters) - Le président français Emmanuel Macron, diagnostiqué positif au COVID-19, a très peu de risques de développer une forme grave de la maladie qui l'a conduit à annuler tous ses déplacements et à s'isoler pendant sept jours.

Sportif, non fumeur, le chef de l'Etat, qui continue selon l'Elysée à travailler La Lanterne, résidence présidentielle à Versailles, fêtera lundi prochain ses 43 ans.

Selon son entourage, ses symptômes sont pour l'instant bénins : fatigue et fièvre.

STATISTIQUES

Emmanuel Macron appartient aux catégories de personnes les moins susceptibles d'être hospitalisées après avoir développé une forme grave du COVID-19, selon une étude des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Sur 100.000 résidents américains, 268,1 ayant les mêmes caractéristiques qu'Emmanuel Macron en terme d'âge et de groupe ethnique - blanc et âgé de 18 à 49 ans - ont été hospitalisés pour cause de COVID-19 entre mars et décembre de cette année.

Ce chiffre est multiplié par deux - 565 pour 100.000 - pour les personnes blanches âgées de plus de 65 ans. Pour les Noirs de plus de 65 ans, la proportion grimpe à 1.479,6 pour 100.000 habitants, toujours selon la même étude des CDC.

"Dans son cas, le risque est très minime de présenter une forme grave", a déclaré à Reuters le docteur Jacques Battistoni, médecin généraliste à la tête du syndicat MG France.

ANTÉCÉDENTS MÉDICAUX

Les présidents français ne sont pas tenus de divulguer des informations sur leurs antécédents médicaux et l'Elysée a refusé de dire si Emmanuel Macron avait un risque particulier de développer une forme grave du COVID-19.

Pour le docteur Jacques Battistoni, qui n'a pas eu accès aux données médicales du président, ce dernier est a priori hors de danger en raison de son âge mais aussi parce qu'il ne fume pas et n'est pas en surpoids.

Le président est en forme et fait de l'exercice physique, assure François Patriat, président du groupe La République en marche au Sénat et visiteur régulier du chef de l'Etat, qu'il côtoie de près depuis 2015. "Il boit un peu de vin à chaque repas, un verre de blanc ou de rouge selon le plat. C'est un connaisseur", a-t-il dit à Reuters, décrivant un président doté d'une "énorme capacité à rester éveillé et concentré".

"Je ne suis pas inquiet pour lui, ni pour sa santé ni pour sa prochaine réélection", ajoute en fin politique l'élu bourguignon à seize mois de l'élection présidentielle.

Un autre proche du président décrit "quelqu'un de très sportif" qui "faisait très régulièrement des footings matinaux" lorsqu'il était ministre de l'Economie. "Depuis qu'il est président, pas de footing à ma connaissance. Il joue au tennis et fait de la boxe. Il ne fume pas de cigarettes. Un cigare de temps en temps", confie-t-il.

TRAITEMENT

La santé d'Emmanuel Macron est sous la surveillance du médecin officiel de l'Elysée, le colonel Jean-Christophe Perrochon. Ce spécialiste des urgences a travaillé pendant 20 ans dans l'armée avant de devenir médecin présidentiel en 2014, sous la présidence de François Hollande, selon une source proche de l'armée française.

De l'avis du docteur Jacques Battistoni, les symptômes des malades atteints par le COVID-19 doivent être ciblés en priorité : "Faire baisser la fièvre, assurer une bonne hydratation. Aucun traitement spécifique n'a prouvé son efficacité même si beaucoup ont été essayés", a-t-il dit.

"Les symptômes graves apparaissent généralement à partir de la première semaine. Il a commencé a être malade mercredi donc il faut se méfier à partir de mercredi prochain, juste avant Noël", a-t-il ajouté.

ET SI L'ÉTAT DU SANTÉ DU PRÉSIDENT EMPIRAIT ?

S'il devait être hospitalisé, Macron a le choix entre deux hôpitaux d'instruction des armées, selon un responsable du service médical de l'armée.

Il s'agit de l'hôpital universitaire militaire Percy de Clamart, situé à quelques minutes en voiture de la résidence de l'Ouest parisien où le président se repose, ou bien l'hôpital militaire Bégin de Saint-Mandé, de l'autre côté de Paris.

"Il n'y a pas d'aile VIP dans aucun des deux hôpitaux, donc le président séjournerait le cas échéant dans une chambre 'normale' et serait pris en charge comme tout autre patient", dit une source militaire au fait du sujet.

Un "protocole VIP" est néanmoins prévu pour assurer davantage de discrétion.

(Elizabeth Pineau, Michel Rose et Tangi Salaün, édité par Jean-Stéphane Brosse)