Jeune femme séquestrée en Charente-Maritime: des voisins racontent avoir alerté les autorités dès 2020

·2 min de lecture
Une jeune femme a été séquestrée trois ans par sa mère et sa sœur à Bignay (Charente-Maritime) - BFMTV
Une jeune femme a été séquestrée trois ans par sa mère et sa sœur à Bignay (Charente-Maritime) - BFMTV

Recueillie en sous-vêtements, affamée et frigorifiée. Une jeune femme âgée de 25 ans et qui est parvenue à se réfugier fin août chez une habitante près de Bignay (Charente-Maritime) raconte avoir été séquestrée par sa mère et sa sœur depuis 2018.

"La jeune fille s'est échappée de la maison et a été à la première maison qu'elle a trouvée", relate pour BFMTV Francis Brunet, maire adjoint de la commune de Bignay.

Contacté par BFMTV, le parquet indique que la jeune femme, qui présentait des traces de coups et de griffures sur le corps lors de sa prise en charge à l'hôpital, "déclare avoir été violentée à plusieurs reprises pour avoir tenté de se rebeller, avoir été régulièrement privée de repas, et subir des conditions de vie indignes".

Les enquêteurs découvrent alors dans la maison familiale une geôle dont les fenêtres sont obstruées par des planches de bois, le sol recouvert de salissures et d'excréments.

"Elles vivaient dans un état précaire"

Des conditions de détention inimaginables pour le voisinage de la famille. Alertés plusieurs fois par des cris, ils avaient prévenu les autorités à de nombreuses reprises. Une procédure avait même été initiée en 2020 à la suite d'un signalement transmis par les services sociaux alertant sur la précarité de cette famille.

"Elles vivaient dans un état précaire, vraiment précaire", témoigne l'un des voisins.

Une autre voisine rapporte qu'"on ne voyait personne, mais on entendait crier". La vie de ce trio familial semblait toutefois normal jusqu'en 2016, la grande sœur avait même une activité politique dans le village.

"Pas dans un cas de secte"

Si cette dernière est resté mutique au long de sa garde à vue et devant le magistrat chargé d'instruire l'affaire, sa mère a quant à elle réfuté tout mauvais traitement à l'égard de sa deuxième fille, évoquant plutôt un enfermement volontaire.

Selon nos confrères de Sud-Ouest, la famille s'était convertie au mennonitisme (une branche du protestantisme, NDLR), et cette dévotion aurait radicalement modifié leur mode de vie, avec un repli sur elles-mêmes.

"On n'est pas dans un cas de secte mais il y a une problématique soit religieuse, soit mystique", précise l'avocat général Stéphane Chassard.

La mère et la sœur ont été mises en examen du chef de "séquestration de nature criminelle" et "violences volontaires avec armes et en réunion". Elles ont toutes deux été placées en détention provisoire.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles