La jeune chanteuse Seemone dévoile un premier album à la maturité étonnante

·1 min de lecture

Elle ne s'est pas cassé la voix, c'est le contraire qui s'est produit. Seemone, 23 ans et déjà des centaines de milliers de vues pour sa chanson Tous les deux (2e des sélections pour l'Eurovision 2019), est née avec une malformation vocale. "J'ai une corde fendue, comme une baguette de pain qu'on aurait ouverte", sourit-elle. C'est cet accident de la nature qui lui donne ce timbre si particulier, grain éraflé aux graves vibrants, comme une blessure mal refermée, organe à nu au fil des douze chansons qu'elle livre dans un premier album étonnant.

L'amour, comme s'il s'agissait d'une drogue

Affirmons-le d'entrée : ce disque sans titre est l'un des plus beaux qu'il nous ait été donné d'entendre depuis longtemps. On y entend du piano, des cordes voluptueuses, des voix doublées d'homme comme un voile délicat (La Belle et la Bête), uniquement des ballades, pas une seule compo up-tempo gâchée par un formatage pop-rock. Une résurgence à la Barbara nuancée d'une langueur tabagique à la Balibar.

Lire aussi - Francis Cabrel revient avec un nouvel album : "Je me suis surpris à écrire avec sensualité"

Sans coups de gueule ni minauderies, l'ensemble ne revendique qu'une seule voie à explorer, une douceur brandie comme une fierté d'autant plus solide qu'elle est ancrée dans sa vulnérabilité : Seemone chante l'amour comme s'il s'agissait d'une drogue. Elle acquiesce quand on lui expose notre hypothèse selon laquelle John Coltrane s'était rabattu sur l'amour en adjuvant à sa dépendance l'héroïn...


Lire la suite sur LeJDD