JEU DECISIF - OPEN D'AUSTRALIE - Djokovic « reset » son service

Absent depuis Wimbledon en raison d’une blessure au coude, le Serbe est de retour pour l’Open d’Australie, avec un engagement revisité. C’est gonflé !

(AP Photo/Ng Han Guan)

J’ai toujours été intéressé, voir fasciné dans certains cas, par les joueurs qui opéraient un changement technique très net. Novak Djokovic, parce qu’il cherche des solutions afin de moins solliciter son coude douloureux, a donc décidé de régénérer son service, sur les conseils de ses deux coaches, Radek Stepanek et Andre Agassi (photo).

Au départ de son mouvement, le Serbe ne passe plus par « en dessous » mais démarre à hauteur de hanche, le coude plus haut, pour un service plus compact. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, si on écoute l’intéressé : « Il y a trois ou quatre détails que j’ai aussi changés dans ma rotation. Le coude plus haut, c’est le plus évident. J’ai le sentiment de dépenser moins d’énergie, d’être plus efficace. Je suis en tout cas très impatient d’essayer ce nouveau service ».

C’est une correction infime, diront certains. Erreur. En tennis, chaque modification de la gestuelle est un énorme chantier. Djoko servant « par le bas », c’est comme une seconde nature, une mécanique huilée depuis vingt ans, c’est inscrit dans ce que l’on pourrait appeler la mémoire musculaire. Là, l’ancien numéro un mondial doit prendre un chemin nouveau, s’y consacrer pleinement psychologiquement, redoubler de concentration pour mener à bien son entreprise, bref, sortir de sa zone de confort à un moment clef : le démarrage du point.

Cette décision illustre le fait que cette blessure au coude est tenace et inquiétante. Le Serbe veut tout tenter avant de prendre -pourquoi pas- la décision de se faire opérer si cette modification technique ne donnait pas les résultats escomptés. Car un changement de cette nature est aussi un risque. Certains champions sont plus malléables pour absorber et digérer des évolutions techniques -Nadal ou Bartoli par exemple- d’autres moins.

Ce fut d’ailleurs le cas de Djokovic il y a sept ans lorsque Todd Martin, alors son conseiller, lui enseigna un geste de service type « bras roulé » . Le Serbe était très vite revenu à son style originel. Là, bien sûr, la métamorphose est moins radicale mais elle n’est pas neutre. A ce stade de sa carrière, ce choix est même très courageux. Mais ce n’est pas la moindre des qualités chez Djokovic…