Jens Christian Grondahl : sommes-nous coupables ?

Par Marie-Laure Delorme
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L'auteur danois Jens Christian Grondahl.
L'auteur danois Jens Christian Grondahl.

Elle s'en fout. L'architecte Ingrid Dreyer se retrouve nue dans son appartement, violentée par une bande de jeunes Arabes. Toutes ses belles idées généreuses volent une à une en éclats. La Danoise de 48 ans ne cherche plus d'excuses aux Arabes et elle les hait tous sans aucune distinction. « Elle se moque qu'ils soient pris entre deux cultures. Elle se fiche qu'ils soient écartelés entre un modèle familial archaïque et affaibli et la modernité qui offre ses tentations de sexe facile et de bagnoles rapides. Elle souhaite seulement qu'on leur mette les menottes et en être débarrassée à jamais. Dorénavant, elle ne pourra plus croiser un jeune Arabe sans se demander où il cache son couteau. Elle va tous les mettre dans le même sac, et ne va même pas le regretter. » Dans son roman Quatre Jours en mars, paru en 2011, et dans son essai L'Europe n'est pas un lieu, qui vient de paraître, l'auteur danois Jens Christian Grondahl interroge la mort de l'humanisme. Il retrouve l'une des interrogations de toute son ?uvre : sommes-nous coupables du passé ?

Dans Quatre Jours en mars, Jens Christian Grondahl livre un somptueux et douloureux portrait de femme. Ingrid Dreyer est une célibataire et « encore » belle. Tout commence par un coup de fil. Ingrid Dreyer est dans une chambre d'hôtel de Stockholm, en Suède, en voyage pour son travail. Le commissariat appelle. Son fils de quinze ans, Jonas, a frappé avec ses camarades un jeune Arabe à terre. Ingrid Dreyer est horrifiée [...] Lire la suite