Jeff Koons et le Centre Pompidou condamnés pour "contrefaçon"

Marine Chassagnon

ART - Le tribunal de grande instance de Paris a jugé ce jeudi 9 mars que la sculpture "Naked" du célèbre plasticien américain Jeff Koons était bien la "contrefaçon" d'un cliché du photographe français Jean-François Bauret.

Il a par conséquent condamné la société Jeff Koons LLC, dont l'artiste est le gérant, et le Centre Pompidou à verser 20.000 euros aux ayants droit du photographe, décédé en 2014, en réparation du préjudice subi, auxquels s'ajoutent 20.000 euros pour leurs frais de justice. La compagnie de l'artiste devra payer 4.000 euros supplémentaires à la famille pour avoir reproduit l'œuvre litigieuse sur son site internet, selon ce jugement dont l'AFP a eu copie.

Le tribunal a précisé que l'artiste, l'un des plus cotés du monde, n'était pas condamné à titre personnel, mais via la société qu'il gère. Les juges ont également rappelé que l'œuvre litigieuse n'avait finalement pas été exposée au Centre Pompidou à Paris pendant une spectaculaire rétrospective consacrée à Jeff Koons, de novembre 2014 à fin avril 2015, officiellement parce qu'elle avait été endommagée pendant le transport. Mais la sculpture "était déjà reproduite sur les supports de l'exposition en vente au public" et a été montrée dans divers reportages, a rappelé le tribunal.

"Naked" est une œuvre réalisée en 1988 par le créateur contemporain, connu pour son "Balloon Dog", sculpture figurant un chien en ballon de baudruche. Cette sculpture en porcelaine (que vous pouvez voir ci-dessous) haute d'un peu plus d'un mètre, représente deux enfants nus: un petit garçon offrant à une petite fille un bouquet de fleurs, avec quelques éléments de décor kitsch (cœur rose, fleurs, draperie). Un exemplaire de "Naked" a été vendu 8 millions de dollars en 2008.

Pour le tribunal, cette sculpture est bien une "contrefaçon" du cliché "Enfants" réalisé par Jean-François Bauret et diffusé en 1975 sous forme de carte postale, représentant deux enfants nus, dans une pose identique.

Pour les juges, les...

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