Jean Poiret - Michel Serrault : les enfants relèvent le rideau

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Sans eux, un certain art français de l'hilarité a disparu. Près de 30 ans après la séparation de Poiret et Serrault pour cause de décès du premier, leurs descendants respectifs publient un recueil de numéros comiques restés dans les cartons depuis des décennies. En des temps où l'esprit de sérieux gâte tout, y compris l'humour, "Poiret-Serrault : les sketchs" ressuscite "la sainte trinité de la déraison, de l'ironie et de la futilité", chère aux deux inséparables... et à tous ceux qu'ils ont fait hurler de rire.

Le 1er février 1973, soir de première. Tout le gratin est au parterre. Des quatre coins de Paris ils sont venus. Marcel Achard, Henri-Georges Clouzot, Maurice Genevoix, Jean-Pierre Melville, Michèle Morgan, André Pousse, Alice Sapritch… et tant d’autres. Réunis dans ce même écrin du Palais-Royal pour une pièce qui déjà fait jaser. Un couple d’homosexuels dans une comédie ? On craint le pire. Le sujet est délicat à manier, sensible et les écueils nombreux. Mais Jean Poiret est à la manœuvre. Il n’est pas homme à tomber dans la facilité. Dans les travées, on s’interroge à mi-voix. Certains ont eu des échos de la couturière, qui a fait grincer des dents. Le rideau se lève enfin. Décor chargé, c’est peu de le dire : fauteuils aux couleurs de l’arc-en-ciel, coussins multicolores, statue d’éphèbe… Un personnage est assis. De dos. En train de se maquiller. On ne voit que sa longue perruque qui lui tombe sur les épaules. Il se retourne, bouche pincée, outrageusement fardé. C’est Michel Serrault, travesti comme nul n’aurait osé l’imaginer. La salle exulte, applaudit à tout rompre. Dès le lendemain de cette première, on refuse du monde aux guichets. « La cage aux folles » se jouera cinq ans sans un strapontin de libre. Un raz de marée sur le théâtre français.

« De ma vie, jamais je n’ai entendu autant rire un public », s’émerveille encore Sylvie Poiret. La fille aînée de l’acteur a dû attendre ses 15 ans pour avoir le droit d’assister à une représentation. « Mon père était pudique, il ne voulait pas que je le voie en folle… Après ça, je me suis rattrapée : je passais tous mes week-ends au théâtre… » Sylvie est ici comme chez elle. Les yeux fermés, elle nous mène des coulisses au foyer, emprunte un petit escalier, enfile un(...)


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