Jean Ping lance à son tour un appel au dialogue au Gabon

L'opposant gabonais Jean Ping (au centre) a lancé jeudi un appel au dialogue national concurrent de celui du président Ali Bongo, dont il conteste la réélection, et a invité la communauté internationale à sanctionner les responsables de ce qu'il qualifie de "coup d'état militaro-électoral". /Photo prise le 26 septembre 2016/REUTERS/Edward McAllister

LIBREVILLE (Reuters) - L'opposant gabonais Jean Ping a lancé jeudi un appel au dialogue national concurrent de celui du président Ali Bongo, dont il conteste la réélection, et a invité la communauté internationale à sanctionner les responsables de ce qu'il qualifie de "coup d'état militaro-électoral".

Le chef de l'Etat, dont la famille dirige le Gabon depuis près de cinquante ans, a été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle du 27 août avec moins de 6.000 voix d'avance, et son adversaire affirme avoir été dépossédé de sa victoire. Six personnes ont été tuées dans les émeutes qui ont suivi l'annonce des résultats.

Les observateurs de l'Union européenne ont fait état d'irrégularités dans le Haut-Ogooué, fief du président, où il a été crédité de 95% des suffrages avec une participation de 99,9%. La Cour constitutionnelle saisie par Jean Ping a accédé à sa demande de réexamen des résultats, mais elle a jugé les feuilles d'émargement fournies par l'opposant irrecevables et confirmé la victoire du sortant.

"Président élu par vous, peuple gabonais, je réaffirme urbi et orbi que je ne reconnaîtrai pas le pouvoir d’Ali Bongo qui a les mains souillées du sang de nos compatriotes", a réaffirmé Jean Ping jeudi, lors d'un rassemblement à son domicile de Libreville.

"J’appelle chaque Gabonaise et chaque Gabonais à une résistance active jusqu’à la fin de la forfaiture", a poursuivi l'ancien chef de la diplomatie, qui propose par ailleurs l'ouverture d'un "dialogue national inclusif" pour "mettre en place les fondements d’une nouvelle République".

"Nous demandons à la communauté internationale de prendre des sanctions ciblées à l’encontre des personnes qui se sont rendues coupables de ce coup d’état militaro-électoral", a-t-il insisté, invitant en outre Amnesty international et le Procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) à venir enquêter sur place. La CPI avait annoncé dans journée l'ouverture d'une enquête préliminaire sur la situation au Gabon.

Lors de son investiture, Ali Bongo avait dit "tendre la main à toutes les Gabonaises et à tous les Gabonais".

(Gerauds Wilfried Obangome, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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